P.A.L. Malice In Wonderland

Le disque qui réhabilite Glenn Hughes !

Vous me demanderez probablement ce que vient faire là le bassiste-chanteur de DEEP PURPLE et de TRAPEZE dans cette chronique de ce projet de Ian PAICE, Tony ASHTON et Jon LORD, dont il ne prend part ?  hé bien, accusé, levez vous ?

Vous avez été jugé responsable de l’évolution funky de DEEP PURPLE, notamment sur l’album Stormbringer, puis jugé récidiviste sur Come Taste The Band, bien qu’absent pendant la moitié de l’enregistrement et enfin, jugé coupable du split du groupe par vos égarements liés au star-système !

Depuis, vos camarades ont sorti leur vision solo de leur musique : Ritchie BLACKMORE et son RAINBOW orienté néo-classique, Ian GILLAN et son Child In Time prog jazzy, Tommy BOLIN et ses délires suaves … vous reconnaitrez que vous êtes le seul suspect orienté funk soul !

– Objection Votre Honneur ! L’album solo White Snake de David COVERDALE va dans ce sens Madame La Juge ! Mon client ne peut porter seul cette accusation !

– Reconnaissez Maître Col-Hard, que si soul il y a, il y a aussi beaucoup de blues, de rock voire de gospel sur ce premier album solo de ce chanteur, de surcroît produit par Roger GLOVER peu spécialiste de funk ! Votre objection ne peut être retenue ! Je poursuis donc l’accusation. Votre client Mister HUGHES a sorti son album solo Play Me Out, funky à souhait et qui ne prête à aucune confusion sur notre suspicion !

– Votre honneur, je tiens là dans une enveloppe*, la preuve ultime de l’innocence de mon client : ce disque du batteur et du claviériste-fondateur du groupe. Qui dit fondateur, dit leader et donc responsable. Je vous ferai grâce de vous faire perdre votre temps Madame La Juge, tant les premières minutes au funk évident, ne laissent aucun doute sur la complicité de ce duo-là quant à la direction musicale prise et tant décriée par les fans de la Mark II ! D’ailleurs, on peut même s’interroger sur l’absence de mon client sur ce disque, tant sa passion pour Stevie WONDER aurait pu s’y exprimer sans retenue ! Ce Ghost Story introductif n’est pas la seule preuve ! Remember The Good Times, sorte de Hold On bis au choeur féminin tout droit sorti du syndrome de la MOTOWN, ou encore Malice In Wonderland et son groove à la Getting Tigher ou à la Superstitious du héros pianiste aveugle, confirment la complicité, qu’on peut considérer ici comme une direction prise en toute autonomie par les leaders de PAL.

On peut même souligner la présence de ces synthétiseurs au son imitateur de cuivres, qui sont loin de rappeler le hard rock inventé récemment par ces membres, sur un disque qui part rythmiquement et musicalement un peu dans tous les sens : chacun en conviendra ! De plus, on peut s’interroger sur la présence de ce Tony ASHTON, loin de posséder les octaves des chanteurs précédents. Sa tentative de lyrisme sur un passage bien que plaisant, montre ses limites. On appréciera toutefois un certain feeling qui n’est pas sans rappeler celui d’un certain Phil LYNOTT, lui-même espéré un temps par Monsieur Ian PAICE. Il faudrait peut-être regarder pour les bilingues, l’intérêt de ce partenariat plutôt vers les qualités de conteurs d’ASHTON. Il faut donc être bien conciliant pour l’écouter en boucle. Je vous concède que I’m Gonna Stop Drinking aurait pu coller sur le récent disque de David COVERDALE ou pour un Ian GILLAN par son attrait bluesy, voire le sujet de la chanson pour ce dernier. Mais il faut souligner que mon client chantait très bluesy dans son groupe TRAPEZE avant son entrée dans DEEP PURPLE. De plus, je tiens ici la déposition du PDG de WARNER BROS reconnaissant détenir des versions live de cet album, qu’il souhaite sortir dans le futur (1995). Il est fait appel au micro pour ce concert à l’excellent guitariste Bernie MARDSEN sous-employé ici, mais qui donnera une version vocale des plus convaincantes sur le titre évocateur Steamroller Blues ; un MARDSEN déjà venue à la rescousse sur On The Road Again Again en tant que vocaliste et co-auteur pour un funk jazzy psyché. Il pourrait d’ailleurs donner envie à Monsieur COVERDALE de faire des duo avec lui. Mais je reconnais quelque peu ergoter ici Votre Honneur. Mais j’insiste sur le fait que Messieurs LORD et PAICE auraient donc pu faire le choix de Bernie MARDSEN en tant que lead chanteur et d’orienter cette malicieuse vers le bluesland. Il n’en fut rien et personne ne leur a imposé ce choix funk. D’autres part, je rappelle que Messieurs COVERDALE et HUGHES oeuvrent sur l’album précédent Windows de Monsieur LORD, tout comme Monsieur ASHTON. Ce choix de retravailler avec les mêmes acteurs de la MARK IV ne peut plus être passé sous silence. SECAM même un comble si ce PAL s’est orienté funk, alors qu’il aurait pu être dirigé vers le blues. Alors, ces charges qui pèsent sur mon client, il est temps de ne plus en faire tout un PLAt.

– Maître ! Veuillez simplifier vos propos et éviter ce langage malicieux ! Tout le monde dans la salle ne maîtrise pas vos MARK !

– J’acte Madame La Juge ! Mais vous m’accorderez que l’histoire de la DEEP PURPLE FAMILY est des plus complexes et que sa richesse ne peut être ramenée à une simple définition d’une chanson de variété ou de disco sans manquer de respect à ces arts de bals. J’invite donc les spectateurs de cette audience à s’informer ou à se rafraichir la mémoire en lisant le livre ”DEEP PURPLE 50 ans La Maison des Légendes”. (lol)

Alors, l’incompréhensible absence de mon client sur ce disque funky, pas déplaisant mais moins intéressant que ceux des autres membres en solo, serait plutôt la question à élucider, Madame La Juge. On sait très bien que celui-ci était sous l’emprise de substances le rendant parfois absent des séances d’enregistrement de la MARK IV. Et que pour la MARK III, seul Monsieur Ritchie BLACKMORE s’est enquis de la dérive musicale provoquant même son départ devant la passivité des deux membres de la MARK I. On ne peut dont le tenir pour seul responsable. Son innocence n’est plus à remettre en doute tant le duo du line-up d’origine, démontre par le disque présent, sa part de responsabilité dans l’orientation funk du Pourpre. On aurait pu croire à une complicité passive, on voit bien là qu’elle était bien partie prenante. Il est donc clair que l’âme de Stevie WONDER plane ici même en l’absence de mon client ! Il ne s’agit donc plus de l’accuser à tort ou à travers, ou je dirai plutôt, d’émettre un verdict à coup de pile ou face !

– Maître ! Je vous demande d’être respectueux et d’éviter vos jeux de mots d’un goût douteux ! Tout comme votre client, sorti de cure de désintoxication, vous ne nous ferez pas perdre le fil dans l’aiguille qu’il aimait utiliser et qui causa la perte de cette légende du rock ! Si sa culpabilité sera acquise, à l’écoute de ce disque, il est vrai que sa responsabilité unique ne peut être retenue. Je retiens aussi votre plaidoirie sur le fait que Messieurs LORD et PAICE auraient pu s’affranchir du funk en proposant le chant à Monsieur Bernie MARDSEN, sachant que Monsieur David COVERDALE aurait été parfait, mais aurait refusé pour cause de carrière solo à mener, ou encore Monsieur HUGHES, une évidence, mais qui au final délivrera un PLAY ME OUT des plus succulent. Nous condamnerons Messieurs :

HUGHES, à 15 ans de purgatoire et à nous délivrer des performances de niveaux stratosphériques dans divers projets le temps d’éliminer Marie Jane :

LORD & PAICE, à 6 ans de purgatoire avec des artistes de blues suivi d’une période de sursis et d’observation infinie vers un retour à leur savoir-faire d’origine  ! La séance est levée !

 

* Allo les studios de Cognacq Jay ? ici Claude NOBS en direct pour la télévision Suisse pour la chaîne Montreuxducu ! Rappelons à nos fidèles téléspectateurs que Maître ColHard** nous a refait le coup de l’enveloppe dans l’affaire de Patatras mais qui cette fois-ci en a vraiment sorti un élément, qui plus est, élément qui a été retenu par la Juge. Nous retiendrons la culpabilité des autres membres de DEEP PURPLE et donc fait historique, la réhabilitation de Glenn HUGHES, jugé coupable partiel et non plus coupable unique. Pour ce qui est de juger de la qualité de ces albums solo de la DPF, j’avais confié cette tâche à mon stagiaire, un certain Philippe Maloeuvre, mais étant encore scéptique sur sa formation musicale, je l’ai envoyé me chercher des bières et ai préféré faire le job moi-même. Il en ressort qu’effectivement ce Malice In Wonderland est surprenant quant à sa direction musicale de la part de ses auteurs. Mais que si il est plaisant à écouter par instants, mieux vaut se consacrer aux autres albums DPF. Et pour ceux qui aiment le funk raffiné, je les invite à ne pas s’économiser les oreilles sur le Play Me Out du réhabilité ou des albums de TRAPEZE. Dans tous les cas, toute cette bonne musique donne des envies de les programmer en festival. C’était Claude NOBS, à vous les studios de Cognacq Jay !

ndla : toute anachronisme ou entorse à une quelconque vérité ne pourra être retenu contre moi ! 😉 Mais vous pouvez toujours les évoquer sur facebook hé hé !

** Voir l’affaire de Carpentras avec Maître Collard.

Retrouver les autres chroniques et vos avis des albums suivants en cliquant sur leur nom :

Child In Time – Gillan

Play Me Out – Hughes

Ritchie Blackmore is Rainbow

Windows – Lord

White Snake – Coverdale

et autres chroniques DPF

Souvenirs de Bernie MARSDEN :
” On me dit que l’album de Paice Ashton Lord ‘Malice in Wonderland’ s’est terminé ce jour-là en 1976 (31 octobre). Une des périodes les plus agréables et les plus enrichissantes de ma carrière. C’est dommage que personne ne l’ait entendu ou vu! PAL a été le début d’une longue et très enrichissante relation avec Ian Paice, Jon Lord et Martin Birch. Et je suis éternellement reconnaissant pour cela.”
 
Vos avis sur Facebook :
” Jamais pu écouter l’album ! De souvenirs ils sont passé en France cette même année ( 1976) faire quelques concerts ! Pubs sur RTL à l’époque ! Xavier Mercier

Indices

Ghost Story

Remember The Good Times

Arabella

Silas & Jerome

Dance With Me Baby

On The Road Again, Again

Sneaky Private Lee

I’m Gonna Stop Drinking

Malice In Wonderland

Suspects

Tony Ashton – chant piano

Jon Lord – piano orgue

Ian Paice – batterie

Bernie Marsden – guitare

Paul Martinez – basse

Sheila and Jeanette McKinley – choeurs

Label  Oyster Polydor Records

Sortie  mars 1977

Voir aussi (non chroniqué)

PAICE ASHTON LORD – Rehearsal – Hammersmith, London – 12.10.76
© Photograph by Alan MESSER | www.alanmesser.com

 

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