Glenn HUGHES Play Me Out

Actualisons le bidule ! Du plus jeune au plus vieux, cet album pourrait être un de ceux de Justin TIMBERLAKE, JAMIROQUAI, Georges MICKAEL ou Stevie WONDER.

Profitant d’une ”pause” du Pourpre, Glenn HUGHES réalise son rêve d’une carrière solo qu’il aurait aimé avoir s’il ne s’était pas englué dans les substances maléfiques, à savoir oeuvrer dans la soul funk ! C’est simple : on ôte tout ce qui sonne rock ici ! exit les guitares de TRAPEZE et place aux cuivres et choeurs féminins pour baigner dans l’esprit MOTOWN, voire STAX avec un zest de modernité de l’époque.

De plus, le chanteur va se laisser à quelques imitations vocales de son idole qu’est le chanteur black aveugle. Quelque part, c’est bien dommage tant il est meilleur vocaliste. Heureusement, ces intonations nasillardes empruntées ne seront qu’épisodiques et sa suavité prend souvent le dessus. Alors ici, les fans de la Mark II qui ont pointé du doigt le chanteur bassiste comme principal coupable d’avoir dénaturé le son de DEEP PURPLE avec Stormbringer et même la mort du groupe, qui à cette époque n’était pas officialisée, vont profiter de ce disque extra-terrestre, pour définitivement le juger hérétique à la religion Pourpre. Ce n’est pas tout à fait faux, mais ce n’est pas aussi évident que ça, si on étudie bien la discographie DPF (voir le livre).

Quoiqu’il en soit ce disque se déguste pour ce qu’il est : un excellent album de soul funk non dénué de créativité avec ses changements de rythmes ou ces gimmicks intrépides. On n’est pas loin de se perdre parfois d’ailleurs : N’inventerait-il pas là le Funk-Prog !? Mais tel un chat, on retombe sur ses pattes groovy. Bien que je ne sois pas un spécialiste de ce genre là, j’oserai tout de même croire que cet album a un quelque chose de novateur et d’unique qu’on ne retrouve nulle part ailleurs, pas même chez les JACKSONS FIVE.

Et ça commence par cette intro a capella, à peine soulevée par quelques murmures de slide, pour démarrer ensuite sur un rythme latino cuivré inattendu, qui va vite se voir remplacé par un rythme funky, sur lequel la voix platine s’envole, portée par ces choeurs féminins exquis. Il existe une photo de Glenn sur son lit. Avec ces choeurs, on l’imagine vite roi au milieu de créatures de rêves sur ce I Got It Coverred, avec toutefois une vocaliste qui ne laisse pas sa part (vocale) aux autres. Le genre de clip qu’on pourra voir quelques années plus tard.

Cette ”pop” soul n’est pas dégoulinante, elle est même espiègle avec son lot de créativité voire d’originalité. David BOWIE devait le produire dixit le futur ex-membre de DP, mais on se demande bien ce qu’il aurait pu apporter de plus à cette pop délire : Space High et ses violons spatiaux ou ces vocalises de cosmonaute … et quelle drôle bonne idée que cette distorsion de guitare ; ou un LA Cut Off complètement barré mais excellent si on rentre dans le délire ; ou encore un Soulution empli de profondeurs et de variations hallucinantes. Et même si Your Love Is Like A Fire se veut le titre le plus dansant, le plus consensuel frôlant le EARTH WIND AND FIRE sans le côté disco, il y a tout de même une petite pointe de musicalité espiègle qui souvent ne passe pas le cap des radios trop conventionnelles. Mais si ce solo de saxo ne vous rappelle pas le solo de dingue d’Urgent de FOREIGNER avant l’heure, moi je dis qu’il faut que je change de sonotones. Et que dire de la suavité qui se dégage des ballades de It’s About Time, I Found A Woman ou Smile et qui ne peuvent laisser insensible. Un délice ! Tous les détails sont exquis : ligne de piano, violons, cuivres, percussions, tempos, break … Quel feeling ! On a affaire là, non pas à des musiciens mais tout simplement à des savants ! C’est du 5 étoiles !

On met souvent l’accent sur cette immense voix, mais ne pas oublier ces fabuleuses lignes de basse, souvent funky, parfois jazzy, toujours exquises … et aussi que, malgré le coup de main sur un titre de ces deux ex-acolytes de TRAPEZE, Mel GALLEY et Dave HOLLAND, ou encore de Pat TRAVERS comme ”simple” intervenant, il aura tout composé jusqu’à même les quatre bonus, davantage dansants, qui viennent moderniser la version remastérisée. Quand on entend la richesse musicale de ce 33t, on ne peut qu’applaudir des deux mains et des deux pieds !

Avec donc ces cuivres et cette vocaliste qui vient seconder le capitaine, qui pourtant n’en a pas besoin, on sent vraiment une harmonie et un bien-être tout le long de ce voyage aventureux mais dans un vaisseau où on se sent sécurisé.

Ce disque est complètement barjeot et réussi le pari d’expérimenter tout en restant cohérent et accessible. Même les plus grands n’auraient osé se laisser aller à autant de prospections et d’aventures et ce avec autant de réussites créatrices (sur le rendu musical, je ne parle pas sur le plan commercial). Qu’en aurait pensé James BROWN ?

Si cette bombe n’était pas sortie juste avant la destruction du Punk et l’engouement-engluement du disco, et dans un contexte négatif pour lui lié à DP, je reste convaincu qu’elle serait reconnue comme une référence à l’égal des grands albums du genre et même du mainstream.

Si HUGHES n’avait pas sombré, de tous les artistes cités en intro, il aurait mis tout le monde d’accord, d’autant plus avec son joli minois.

Du grand Glenn ! Un Grand tout simplement ! Probablement le plus grand artiste de soul pop ! Play Me Out ! Il me plait bien oui !

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Venez le commenter sur son article destiné sur Facebook ! Certains en ont déjà dit entre autres choses :

Mon album préféré de Glenn. Un pur chef d’œuvre, un ovni musical, on est totalement transporté, le bonheur ! ce chef d’œuvre reste inégalé. Devant être produit par son copain David Bowie, qui le qualifiait de “roi de la soûl blanche”, il est totalement intemporel et magique !” Alain Rabiat

“C’est perdre le fil de la magie Blackmore que de considérer STORMBRINGER comme hérétique à cause de l’influence Glenn Hughes. C’est aussi courant pour les jeunes musiciens à propos de Deep Purple, ces standards ultra connus, principalement MACHINE HEAD, une connotation si l’on y pose le doigt pédagogiquement dessus envers l’apport néo classique dans le rock et … fin de l’histoire ? Ben non justement. C’est un pied de nez à ceux plus sensibles à des courants Soul-Funk avec une évolution voulue autour d’une remise en question du genre “on a plus rien a prouver mais est-ce que pour autant que l’on va tourner en rond ?”. On connait les préférences d’influences de Blackmore, il ne s’en ait jamais caché. Mais le Mr, il est capable de les mettre à ce genre de sauces et d’y être surtout (!) carrément brillant! Ce n’est pas une légende, c’est une réalité autant sur le papier à musique qu’à l’oreille… Du feeling, ça groove, la fusion des divers courants musicaux fonctionnent dont peu peuvent se targuer dans l’approche et en suivant sur la qualité… Pour un musicien comme pour les mélomanes, ce n’est pas le nombre d’ampoules sur scène qui doivent faire oublier ce genre de performances bien plus spectaculaire à propos de musique.” Laurent Pineaud

T’as tout compris ! T’as tout dit ! je tâcherai de copier ton post quand le tour de la chronique de Stormbringer viendra ! 😉 Merci pour ce post si clairvoyant et ouvert (Franck And Furious LMDL)

Mon album préféré de Hughes. Il est monstrueux. J’ai l’original acheté en Angleterre” Eric Bouger

Que tous ceux qui détestent Hugues et son influence réécoutent cet album et son travail sur Stormbringer….ce type est incroyable ” Alain Cimino

– Sauf que ceux qui le détestent le detestent pour son influence justement ! mais peut etre changeront ils d’avis ? 😉 Le talent, un jour, tout le monde finit par le reconnaitre, surtout une fois mort 🙁  ((Franck And Furious)

C’est peut être aussi pour ça que les autres l’adorent (l’influence ). J’ai toujours aimé Glenn Hughes hors Deep Purple, surtout DP où je ne juge que par Gillan, et donc pour son timbre de voix funky rock en revanche pas pour son jeu de basse pas hyper groovy justement ! Sans aller jusque dire qu4il a inventé quelque chose musicalement (George Clinton, Bootsy Colins l’ont fait bien avant ) il est allé au bout de sa démarche, mais ça n’a pas duré longtemps vu la tournure plutôt rock des albums suivants ! (A part Feel peut être ). (Pour ma part j’ai commencé à décrocher à partir de Soul Mover, qui n a rien de soul d ailleurs !). ( Xav Musyk)

Intéressant ! Les albums ROCK et FUNK portent aussi mal leur nom ! … On sait pourquoi il n’a pas poursuivi dans un PLAY ME OUT 2 mais FEEL s’y rapproche le plus dans sa discographie, voire BUILDING MACHINE … Mais il est vrai que les diktas commerciaux n’ont plus trop permis ce genre d’expérimentaition des 70’s ! Je ne connais pas bien la scène Funk donc merci pour tes précisions … je rajoute l’album démo DOWNES-HUGHES qui est dans une veine similaire bien que plus AOR sinon dans le truc barré il y a le HUGHES-THRALL. (Franck And Furious)

” The ‘genius’ album ! ” Mickael Dowson

Une perle, un bijou…. Un travail d’orfèvre…. Très belle et juste chronique Franck  ” Manuel François

   Titres

I Got It Covered (Hughes)

Space High (Hughes)

It’s About Time (Hughes)

L.A. Cut Off (Hughes)

Well” (Hughes)

Soulution (Hughes)

Your Love Is Like a Fire (Hughes)

Destiny (Galley, Holland, Hughes)

I Found a Woman (Hughes)

Bonus Tracks 1995

Smile (Hughes)

Getting Near to You (Hughes)

Fools Condition (Hughes)

Take Me with You (Hughes)

She Knows (Gowdy, Hughes)

Personnel

Glenn Hughes – Lead Vocals, Fender Bass guitar, Electric and Acoustic Guitars, Fender Rhodes 88 Electric Piano, Mini-Moog, Hohner Clavinet, ARP String Essemble

Mel Galley – Guitars

Bob Bowman – Guitars

Pat Travers – Guitars

Dave Holland – Drums

Terry Rowley – Piano

Robert Bailey – Piano

Ron Asprey – Baritone, Tenor, Alto Saxophones

Henry Lowther – Trumpet

Mark Nauseef – Percussion

Liza Strike, Joy Wright, Helen Chappelle – Backing Vocals

Horn arrangement by Ron Aspery

Strings arranged by Graham Prescott

Glenn Hughes plays all guitars on track 5

Brad Davies – Recording Engineer

Jon Walls – Recording Engineer AIR Studios

Tim Gehrt – Drums on tracks 11 & 12

Marc Bonilla – Various Instruments on track 13

Bruce Gowdy – Various Instruments on track 14

Production  Glenn Hughes

Label  RPM  // Amazon CD / CD remaster bonus 1995 / CD COFFRET 2017 / LP / K7

Sortie  18 juillet 1977 

Le coin Collector (merci à Philippe Leroy photo protégée de droits@LMDL-Pleroy@pic-copyright)

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