Leur première interview !! Une exclusivité Mémoire de Concerts – La Maison des Légendes
En 2025, la France compte peu de groupe oeuvrant dans le Classic rock ; encore moins au sein de ce Sud-Ouest si hermétique au gros rock ; encore moins incluant une chanteuse ; encore moins une chanteuse ayant vécu une double carrière ; et encore moins une chanteuse dont la voix s’apparente à celle des JANIS, TINA ou Beth HART, rien que ça ! Aussi, avec tous ces moins, le piètre matheux que je suis, a fini par disjoncter et à n’y voir que des … plus ! C’est bien connu : ‘‘moins + moins = plus !’’ dira tout politicien à un smicard !
Découvert d’abord sur des vidéos du Showroom Gallery de Tarbes-Bordères (65), le coup de foudre envers ce quatuor de quadra et quinquagénaires, m’expédia direct quelques semaines plus tard à Montaut (65) pour le festival des bikers (report ici). Je voulais avoir le coeur net de mon ressenti, cette fois en live, Même si une ‘’simple’’ set-list de reprises aurait pu à priori banaliser mon engouement, j’acquiesce, mais veuillez poursuivre la lecture, per favor.
Car si il n’est pas rare d’entendre dans quelques bons pubs (qui se font de plus en plus rares), des covers des BEATLES, CREEDENCE, ROLLING STONES, … il se fait plus rare d’entendre celles des GOTTHARD, MOTLEY CRUE, SKID ROW, WHITESNAKE … voici déjà un premier signe de bon goût … et ce, même si la mode des tribute-band envahit jusqu’aux Zénith qui ne programment jamais de hard-rock. Les Zénith étant la référence des salles françaises, me vînt alors cette fameuse réplique de Hulk à Loki : ‘‘Piètre Dieu ! (Dieu = Zenith)’’ … Mais je m’égare ! Car mon propos n’est pas de défendre ici un énième tribute-band, mais d’en ressentir le potentiel ! D’autant que quelques compos sont insérées dans leur set-list, et qu’autour des Standards, le niveau ne baissa pas ! Alors à la fin du show, bluffer par le quatuor, le matheux que je ne suis pas, ressentit plein de protons en lui qui le poussèrent à poser l’équation fatidique : ‘‘ moins + moins = un premier album ?’’
Réponse des GUNNERS GROOVE dans le Gers (32) à Eauze au Bjarkan Bar le 20 décembre 2025 ! Entretien !

– J’ai cru comprendre que les membres vivent autour de la région agenaise et toulousaine : comment est né le groupe ?
Philippe (guitariste qui semble plus agile de ses doigts que de ses jambes, vu qu’il jouera assis faute à un accident de genou dont il se remet à peine) : Le groupe s’est formé via une annonce que j’ai publiée. Je cherchais à monter un groupe mais avec des gens qui avaient une expérience d’une vingtaine d’années pour qu’ils aient déjà un minima de niveau requis en tant que musicien mais aussi en tant que connaisseur du milieu. J’ai rencontré JC (basse) qui ne se trouvait pas très loin, du côté de Villeneuve-Sur-Lot (47). Il était aussi sur cette démarche et avait déjà pris contact avec d’autres musiciens sur Toulouse (31).
Jean-Christophe (basse) : J’avais effectivement trouvé un chanteur. Nous avons donc fait un essai tous les trois. Puis on est tombé sur Francky qui s’apprêtait à quitter son groupe courant octobre (2024). Nous avons donc fait un nouvel essai à quatre cette fois … Tu veux rajouter quelque chose Francky ?
Franck (batteur) : Heu ? Je crois que tu as tout dit (rires)
JC : Il s’avère que cela n’a pas fonctionné avec ce chanteur, ni avec un second ! Nous avons rencontré un chanteur anglais qui nous a bien aidé à faire la transition et à poser des bases en répétitions. Mais il n’a pas pu poursuivre avec nous. Après cette période de sept-huit mois, nous avons alors posté une seconde annonce « cherche chanteur … » Et on a reçu une réponse de Nicole « Et est-ce qu’une chanteuse conviendrait ? » (rires). Nous avons bien sûr accepté. J’avais rédigé l’annonce machinalement sans effectivement préciser. Nous avons donc testé quatre morceaux et on s’est de suite dit « C’est bon ! c’est elle ! » Et depuis un an et demi, on continue d’avancer. Or, au départ, nous étions impressionnés par le niveau de Nicole mais aussi lorsque l’on a ensuite appris son parcours (international). On se demandait si elle allait vraiment s’épanouir avec nous, si elle allait resté ? Et il s’avère que nous nous sommes bien « cablés » et que notre projet correspondait à son désir. Notre seconde chance est d’être de la même génération. Et nous avons les mêmes goûts musicaux basés sur le Classic Rock, bien que nous sommes tous assez éclectiques.
« Avoir rencontré Nicole, pour nous, c’est comme avoir gagné au Loto ! »
– Pourquoi avoir attendu toutes ces années pour former un groupe ? Qu’aviez-vous fait auparavant ?
JC : J’ai joué de la musique mais aussi du rugby de l’âge de 16 ans à 32 ans dans différents groupes du côté de Marseille (13). Mais j’avais surtout décidé de continuer la pratique du rugby donc j’ai stoppé celle de la musique. Après mes 32 ans, je n’ai plus pratiqué d’instrument pendant 20 ans à cause du rugby et du boulot. Mais dès que j’ai cessé le rugby à l’âge de 45 ans, j’ai commencé à m’ennuyer. Et c’est à l’âge de 52 ans que j’ai racheté une basse et un ampli, et je m’y suis remis. (ndla : Quand je vous dis qu’avec eux, il faut être bon en maths ; il m’a fait péter le boulier ! rires)
Philippe : Pour ma part, j’ai oeuvré principalement seul dans mon coin pendant seize ans environ. J’ai ensuite participé à un groupe de reprises juste avant GG. Ce groupe n’avait pas d’objectifs. Ses membres se considéraient eux-même comme des papy rockeurs. Donc ils s’engageaient peu, cherchaient peu de concerts. Or, je voulais vivre pleinement l’expérience musicale : faire beaucoup de concerts, … Et grâce au travail de JC qui nous dégote plein de dates, en deux ans, mon niveau a explosé ! Avant, je ne savais pas jouer en équipe ; j’étais un ‘’musicien de chambre’’ !
Du Bedroom au showroom !

– Et toi Franck ? Il me semble que tout comme Nicole, tu as eu une vie antérieure de musicien. Que peux-tu nous révéler de cette période ? Car il s’avère que j’ai fait partie du staff qui a invité MALEDICTION à se produire deux fois en 2003 ( avec ADAGIO et MANIGANCE) et 2005 (avec PSYKUP et PLUG IN/FANALO) à Pau / Saint-Armou (64)
Franck : Effectivement j’ai fait partie de MALEDICTION. Ce sont des gars que je connaissais depuis toujours en fait, car ils répétaient dans le quartier où je bossais aussi. J’ai oeuvré pour l’enregistrement du second album (Esclave du Vice) et quelques dates de la tournée. Mais je suis peu resté car j’ai déménagé dans le Sud-Ouest. Cela devenait compliqué de faire les allers-retours d’ici à Laon (02). Ce fut donc très bref ! Mais ce fut une belle expérience. C’était des potes déjà, donc on s’est super bien marré ! Ils avaient tous la déconnade en eux ; on rigolait tout le temps ! Je n’en retiens que du bon ! Ensuite, j’ai joué ici dans un groupe uniquement de reprises pendant seize années. Puis j’ai intégré GUNNERS GROOVE qui, en plus des reprises, avait l’envie de composer. En fait, je n’ai jamais cessé de jouer.
– Crois-tu qu’un jour, MALEDICTION, devenu un groupe culte du heavy metal français à l’instar de quelques groupes des années 80 qui vivent actuellement un revival, se reformera un jour ? Il y a une demande me semble-t-il ? Elle s’est d’ailleurs traduite récemment par la publication d’un coffret l’an dernier. Moi-même si je devais organiser à nouveau, il ne me déplairait pas les produire une troisième fois tant des fans mais aussi les membres de l’association, en gardons un excellent souvenir !
Franck : D’après ce que j’en sais, et je suis toujours en contact avec eux, les connaissant, il m’étonnerait fort qu’ils se reforment. (ndla : Rappelons que le guitariste Mathieu POULAIN est décédé). Mais il est vrai qu’il existe une fan-base, certes pas très nombreuse mais hyper fidèle.
De Malédiction à Dame la Chance ?
– D’habitude, on commence par les dames mais on dit aussi que l’on garde le meilleur pour la fin ! Excusez-moi messieurs (rires). Donc galanterie oblige, si tu le veux bien, on finit les présentations par toi, Nicole. Comment une norvégienne a-t-elle bien pu se retrouver ici, dans le pays des canards et de l’Armagnac ?
Nicole (chant) (dans un français parfait) : Ma mère est norvégienne, mon père, anglais. J’ai passé douze ans de mon enfance en Norvège avant de venir en France une première fois dans le Sud-Est puis à Chantilly (60) près de Paris. Ensuite, je suis parti en Angleterre. Mais tous les membres de la famille avions le souhait de revenir en France. Alors un jour, mes parents ont acheté une maison dans la région d’où ma présence ici.
– Quand j’ai entendu ta voix, je me suis précipité sur ton site (nicole-lacy.com) ; j’y ai lu que tu avais connu une précédente carrière, cette fois dans la Soul Pop ? Tu as même publié deux albums, fais des premières parties d’illustres artistes (STATUS QUO, Robert PLANT, …) et côtoyé le gratin international. Bien que tu aies expliqué ta présence ici, il est tout de même étonnant de voir un tel pédigrée vocal choisir le pays le moins rock d’Europe et dans sa province la moins rock ? Parce qu’ici, à part partager tes vocalises avec les oies et les canards, tu risques d’avoir du mal à faire des duos légendaires ! (rires). En général, un musicien choisirait Paris, Lyon ou Nantes … ???
JC : c’est vrai !
– Quel fut alors ton cheminement ?
Nicole : J’ai débuté mon apprentissage du chant par le R&B, la soul puis aussi le latino et le rock. On m’a ensuite proposé en Norvège, un premier contrat pour m’exprimer dans un registre Pop Rock. Ma carrière a évolué alors en Norvège, et en Angleterre principalement, et un peu partout sur la planète.
– Mais entre ces albums soul pop, écoutables sur la toile, et aujourd’hui pour GUNNERS GROOVE, tu ne t’exprimes pas vocalement de la même façon : comment ce changement s’est-il opéré ?
Nicole : La soul est une musique qui est en moi et j’ai toujours voulu chanter rock et bluesy. Donc l’évolution s’est faite de façon naturelle ! Je voulais tendre davantage vers le rock. J’ai chanté avec un groupe Rock en Angleterre et j’ai beaucoup aimé. Alors quand je suis revenu ici, je voulais faire toujours du rock. Avec GUNNERS GROOVE, cela a de suite fonctionné. On voulait tous faire la même chose. On s’est préparé quelques temps sur les reprises mais nous avions tous la volonté de composer. Nous sommes sur la même longueur d’ondes ! Et ce qui fait plaisir, c’est qu’il y a du mouvement, des concerts de programmer, ça bouge, c’est bien ! (ndla : Effectivement, le groupe s’est déjà produit sur une quarantaine de dates en 2025 dans le grand Sud-Ouest, et 2026 semble aussi parti sur les mêmes bases ; il vous sera difficile de ne pas les croiser sur la route ou plutôt dans un bon pub!)
– STATUS QUO est venu plusieurs fois à Pau (voir leurs tickets, photos inédites et anecdotes dans le livre ‘‘Ceux Qui Font Chanter Te Saluent ! Mémoire de Concerts’’). Comment t’es tu retrouvée à assurer leur première partie ?
Nicole : Oui ! J’ai effectué aussi celles de Dannii MINOGUE, Gary BARLOW, … ! Quand STATUS QUO est venu en Norvège, je me suis tout simplement présenté à eux et à leur manager. Je leur ai donné mon disque. Et ils m’ont répondu : ‘’On va écouter et si cela nous plaît, on te recontacte’’. Et ils m’ont effectivement proposé de faire leur première partie pendant deux mois, ainsi que l’année suivante sur leur seconde partie de tournée au Royaume-Uni. J’interprétais quelques ballades pendant une demi-heure. C’était bien ! … Quand Robert PLANT est venu faire quelques dates en Norvège, il m’a demandé si je voulais bien assurer son ouverture à Oslo ? Ben ouiiii ! (rires) C’était super ! J’ai pu le rencontrer, il a été génial !
– Donc désormais, on n’a plus qu’à vous souhaiter d’assurer la première partie de STATUS QUO ou Robert PLANT avec GUNNERS GROOVE ! (rires) Cela serait un super clin d’oeil !
JC : Oui ! La boucle serait bouclée !
– Quand donc va sortir ce premier album de Classic Rock?
JC : Au printemps si tout va bien ! Nous avons 12 compositions de prêtes. On doit finaliser quelques arrangements encore puis on entrera en studio une semaine en mars ! (ndla : le groupe joue déjà live 12 compos. Certaines vidéos sont diffusées sur leur page Facebook. Donc si vous êtes curieux, vous savez où aller pour un soir de bien-être ! Sans spoiler, ces compo assurent live et se mêlent très bien aux cover ! Si bien que vous vous surprendrez à vous demander de quel artiste célèbre est repris ce « morceau » ? rires)
– Aujourd’hui beaucoup de groupes sont en auto-production ! Vous assurez déjà très bien en tant qu’auto-tourneur ! Mais avez-vous un label ?
JC : Pas encore à ce jour ! Si on n’en a pas trouvé un d’ici là, on en créera un ! Il nous tarde de produire l’album. Car nous sommes conscients que sans support, il est plus difficile de réaliser les démarches, de prospecter : que ce soit trouver des concerts, de type première partie justement, ou pour promouvoir l’album et franchir une étape ! 2026 sera une année charnière pour franchir un palier !
– On vous le souhaite !
Voilà de charmants et sympathiques quinqua, la tête sur les épaules, humbles et motivés ! Leur planning chargé et bien consciencisé, acte leur bon labeur et leur bon état d’esprit ! Vivement !
Interview Franck Urban visible sur la Maison des Légendes
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