Soirée co-tête d’affiche de deux groupes nordistes qui usent leurs médiators sur les scènes de la planète depuis une quarantaine d’années désormais, et qui sont des demi-dieux dans leur pays respectifs, remplissant les grandes salles.
Un statut évidemment loin d’être identique dans notre pays où un protectionnisme excessif a amputé culturellement une grande partie de notre population et quelques générations ; si bien qu’il faut aller en Espagne pour que les sud-ouestistes de la Gaule puisse en profiter. On sera d’ailleurs quelques français à faire connaissance sur place. Mais ne soyons pas trop de mauvaise foi : une date est tout de même prévue chez les courageux organisateurs du Forum à Vauréal-Paris.
Question date : 10 ans sera aussi le délai entre ma première visite dans cette efficace salle, bien agencée, espacée et aérée du Santana27, présentant une scène bien surélevée. C’était pour voir les excellents Suédois d’EUROPE.
Et cela fera aussi effectivement une quarantaine d’années que j’attendais impatiemment de voir enfin DISNEYLAND AFTER DARK live ! Merci Dame Nature ou mon Dieu, de m’avoir prêter vie jusque là !
D.A.D.
Jesper Binzer (Lead chant, guitare)

Jacob Binzer (lead guitar, choeur)

Stig Pedersen (basse, chant)

Laust Sonne (batterie, chant)


Ce soir, ce sont les danois qui ouvrent le bal ! Une alternance avec les finlandais un soir sur deux, nous dira la responsable du merchandising.

Le hard rock punky de la bande des frères BINZER pourrait nous inciter à la facilité de la comparaison avec un célèbre groupe australien, celui des frères YOUNG. Mais ce serait dégainer trop vite. En effet, si Jesper prend des poses parfois ressemblantes avec celles de Lemmy, sa voix pourrait effectivement se situer entre celles des chanteurs de MOTORHEAD et d’AC/DC.

Mais le groupe bénéficie de deux atouts principaux qui le démarquent. D’abord, Jesper a une voix qui a ce p’tit truc en plus qui vous scotche. On ne remplit pas de grandes salles sans un minima de talent quelque part. Elles ne sont pas si nombreuses ces voix qui vous poncent les pores.
Puis musicalement, le hard rock cowboy du groupe que l’on pourrait qualifier de binaire au premier abord, se voit auréolé d’ambiances cinématographiques, souvent Western. Le titre symbolisant cela est leur méga hit Sleeping My Day Away dont le solo à rallonge pourrait être indexé parmi les plus grands solos de l’histoire aux côtés de ceux des Free Bird ou Hotel California, pour rester dans l’ambiance US.
Plus actuel, ce sera le titre The Ghost qui représente le mieux cette influence du Far West sur le dernier album, dont deux autres titres sont ce soir représentés : First, 2d and 3rd et Speed Of Darkness.
On ressentira que la set list, tout comme cet album, se fait moins hard punk que d’habitude, en toute relativité. Mais ceci est peut-être du fait que deux morceaux ne seront pas interprétés ce soir. En effet, le groupe commencera avec un peu moins de 10 minutes de retard. Selon un fan, les loustics seraient allés faire un tour en ville dans l’après midi et se seraient donc fait surprendre par le délai. Mais vous pouvez vous rattraper sur leur quatrième album live tout fraichement publié et comprenant des morceaux de l’album Speed Of Darkness sorti récemment et inclus dans mon Top 2024 (lire ? clique ici).

L’atout subsidiaire est que le bassiste puis le batteur chanteront aussi chacun leur morceau, donnant ainsi une palette vocale complémentaire, soudant le concert.


C’est donc via cette atmosphère que D.A.D présente son show. D’entrée, Jesper descend de scène pour se joindre à la foule, ce qui ne laisse ainsi place à aucun round d’observations entre le groupe et le public.
Rajoutons le fantasque bassiste aux célèbres accoutrements qui raviraient un Elton JOHN, et à ses basses toutes autant déjantées que belles ; Le bonhomme sait de surcroît tenir les poses et occuper la scène : un vrai showman et bon ”client” pour les photographes. Bref on est captivé dès le premier instant.




Suck & Destroy ?
La set list fait défiler les classiques jusqu’à un second très grand moment : un duel voix-batterie rarissime exécuté de surcroît de la fosse où descend une seconde fois Jesper, pour provoquer par des couplets quasi à capella son acolyte à la batterie dont certains sont clairement nominatifs : ”Lauuuust ?” ; celui-ci lui répond tour à tour par des roulements et des déflagrations ”à toi – à moi” pendant une à deux minutes.
Laust qui jusqu’à présent s’appliquait à tenir un beat efficace façon AC/DC ou STATUS QUO, se lâche comme un puma et dévoile aussi par sa façon de tenir sa baguette, une technique issue du jazz. On vivra là un véritable échange ; et de la fosse : un face à face digne d’un duel de Western : un moment que je n’oublierai pas : fabuleux !

Ce sera plus tard au tour de l’impassible Jacob d’effectuer aussi de la fosse, son solo final, rendant ce show encore plus fusionnel.

Les 300 convives ont donc bien fait de se bouger un mardi soir car ils ne sont pas prêt d’oublier ce concert.


Si bien que votre serviteur, détenteur de la désormais rare box set, manquera les trois premiers titres du show suivant, pour tenter d’obtenir une dédicace ! 40 ans d’attente : ça se tente, tante Agathe !


The 69 EYES

Après ce premier KO musical, ce ne sera pas combien de doigts que j’aurai eu devoir à dénombrer, mais combien d’yeux ! Répondre 69 m’aurait disqualifié ! Et pourtant …

Autant l’avouer, je ne connaissais ces Yeux que de vues (gloups!). Leur clin d’oeil ne me disait rien, même si une certaine connaissance m’avait fait leurs éloges en … 2007. La zoizelle avait eu un coup de foudre jusqu’à piquer des yeux.


C’est donc en mode découverte que je rejoignais leur set déjà entamé. Devrais je devoir me ”brûler les yeux”, comme le chanta Francis CABREL ”sur son lopin de terre”, après avoir soumis mes oreilles à leurs notes ce ”mardi soir sur la terre” ?
Et ma foi, en sus d’un nom qui me gagnait déjà à leur cause, leur musique m’hypnotisa aussi. La voix grave, principal atout, donne à leur rock un côté gothique charmeur, qui ne devrait pas déplaire aux fans des The DOORS, The CULT, CURE, KILLING JOKE, TYPE 0 NÉGATIVE … et pour les ballades, les fans de la voix chaude de BOWIE… Leur approche assez immédiate et efficace des refrains et de leur mélodie, pourrait séduire aussi les fans de leur héritier, GHOST.

Les yeux dans le sable ? Les yeux dans l’au … delà ?
Leurs compo quant à elles, sont bien accrocheuses même si, en pinaillant un peu, il manquerait peut-être un ou deux morceaux épiques. Qui a dit que c’était un des premiers morceaux du set que j’ai ratés ?
Alors malgré presque quarante ans de retard, je me laisserai donc séduire par ces ”beaux yeux, tu sais !” Mieux vaut tard que jamais, mais vous n’êtes pas obligé de battre mon record ni d’attendre de devenir presbyte pour venir les voir et … les écouter (hum!).

Les yeux rouges

En épilogue, le chanteur viendra de bon gré, descendre de scène pour se prêter au jeu des selfies dans la salle. Merci aussi à lui !

Ce sera donc une excellente soirée avec ces deux formations, mais aussi avec ces rencontres de fans français et de musiciens. 2026 démarre plutôt bien musicalement !
Jyrki 69 (Jyrki Pekka Emil Linnankivi) – chant solo
Timo-Timo (Timo Tapio Pitkänen) – guitare
Bazie (Pasi Moilanen) – guitare, chœurs
Archzie (Arto Väinö Ensio Ojajärvi) – basse, chœurs
Jussi 69 (Jussi Heikki Tapio Vuori) – batterie
Petit tour au mershandising : le prix excessif mais hélas désormais de coutume de 40€ le TS, m’aura recentré sur le patch. J’attendrai les soldes chérie !

Autres concerts à ne pas manquer même salle : les retrouvailles exceptionnelles des deux ex NIGHTWISH !

Reportage Franck (suivre et échanger sur Facebook Mémoire de Concerts)

”Je viens de lire ton compte rendu … tu me fous encore plus les boules de n’avoir pu y assister… Très beau compte rendu 👍👍 Super Merci” Serge Jouantho
Sites officiels D.A.D. – The 69 EYES

