Ritchie BLACKMORE’s RAINBOW

Ce 15 août de l’Ascension 1975, deux hommes gravirent une montagne en argent ! L’un pour atteindre des sommets de musicalité, le second pour y faire résonner sa majestueuse voix sur le monde entier !

 

Bien avant que Tony Stark ne balance sur les grands écrans du vingt-et-unième siècle son fameux ”Je suis Iron Man”, Ritchie BLACKMORE, lui sera encore moins modeste avec son fameux ”Je suis l’Arc-En-Ciel” (carrément!).

En 75, DEEP PURPLE arpente les routes mondiales avec le grupetto des ”maillots jaunes” affirmés de l’époque. Aussi, c’est au plus fort de sa renommée que le guitariste décide de sortir ce qui est censé être son premier album solo. Pour cela, il embauche le chanteur de ELF, remarqué en tournée quand ce groupe faisait les premières parties du Pourpre. Le chanteur négocie l’embauche de ses partenaires, à l’exception du guitariste bien entendu. BLACKMORE accepte, peu regardant et un peu paresseux pour chercher des musiciens pour ce qui était il y a encore quelques mois auparavant, qu’un projet parallèle, une récréation à DP. Le meneur a déjà quasiment tout écrit, dont quelques titres proposés pour DP, mais refusés par les autres. Aussi, tout est prêt, il n’y a plus qu’à filer en studio pour tout enregistrer.

 

Musicalement, on est loin du hard rock tellurique d’In Rock. On se situe plutôt vers une certaine décontraction à la Who Do We Think We Are avec un zest de classe de Machine Head, quelques crans qualitatifs en dessous. Si DP a déjà abordé la musique classique, ici le Guitar-Héro veut aller plus loin en abordant le médiéval déjà aperçu avec Soldier Of Fortune et un The Gypsy dont on parle moins, à tort. Aussi si cette approche apporte un vent de fraicheur et va même initier un nouveau mouvement appelé le Néo-Classique, cet album semble avoir assez mal vieilli si on le découvre aujourd’hui.

Pour moi, lors de ma découverte dans mes années adolescentes, il s’agit d’un must dans lequel le nouveau feeling BLACKMORien et la voix ensorceleuse de Ronnie James DIO font des merveilles en mon bon pays. N’est-ce pas Alice ? (ok je sors) Mais j’aimerai bien avoir l’avis de quelques jeunes d’aujourd’hui. Car si à l’époque, Man On The Silver Mountain fait office de nouveau Black Night coupé à du Smoke On The Water, au point que le génie chanteur en fera son hymne en solo et, bien que le son de la rythmique saturé soit accrocheur, j’ai aujourd’hui du mal à retrouver mon grand enthousiasme évident d’alors, même si ma nostalgie me piquera à un certain plaisir encore. Ce qui est bon reste bon, mais la concurrence d’aujourd’hui en font pour ma part une antiquité, au charme certain, mais antiquité tout de même. (Ceci dit, quand on entend le son froid et métallique des productions actuelles, ma préférence va encore à ces années 70 savoureuses.)

 

Cet hymne étant quasiment le seul vrai titre hard rock de l’album, on peut imaginer qu’il faudra alors faire appel à un peu d’ouverture d’esprit. Mais après Stormbringer, on est paré. C’est donc du rock sans hard (et sans funk ni soul) et avec du médiéval, qu’il faudra donc s’ouvrir les écoutilles. Et elles s’ouvriront avec grand plaisir sur les mélodies irrésistibles des Self Portrait, Snake Charmer, Sixteenth Century Greensleeves, The Temple Of The King et sur la magnifique ballade Catch The Rainbow, qui vaut à elle seule l’achat du disque, ou plutôt celui d’On Stage pour sa version live  magnifiée et prolongée de quinze minutes.

Sur le solo de Self Portrait, à écouter au casque, on se croirait dans la pièce avec le Maestro (Merci Martin BIRCH). La sensibilité et le touché du guitariste prennent encore une ampleur ici ; c’est dire après les albums de DP, combien ce magicien a un bagage large : à tomber ! BLACKMORE va aussi marquer son empreinte avec un titre instrumental. S’attaquer à Still I Am Sad des YARDBIRDS n’est pas anodin pour insinuer qui est le véritable boss et le vrai d’Artagnan (oublié par une presse rancunière) du trio de mousquetaires BECK, CLAPTON, PAGE.

Plus marrante sera la reprise de ce Black Sheep Of Family, refusée par le duo HUGHES-COVERDALE préférant composer un What’s Going On Here très voisin, pour des raisons de droits d’auteur comme le reconnaitra plus tard le chanteur de WHITESNAKE … Lorsque l’on compare la faible différence, il y a de quoi sourire aux splits d’alors pour les soit-disant divergences musicales. C’est un peu comme ces sujets que l’on prenait très au premier degré quand on était plus jeune, ou à chaud, mais qu’on préfère taire désormais, tant on sent le motif de querelles bien dérisoires aujourd’hui, voire un peu honteux.

 

Ce disque, important à l’époque, moyen aujourd’hui (?), sera donc le premier du duo BLACKMORE–DIO. Quand on écoute déjà ici la qualité, il est difficile d’imaginer que ce duo fera encore mieux par la suite. Le magicien guitariste aura donc le mérite de définir plus précisément le Néo-classique et de nous faire découvrir, après celles de COVERDALE, HUGHES et GILLAN, encore une superbe voix, celle d’un nouveau Grand. … Un Grand qui, pour ma part, n’aura jamais mis autant bien en valeur sa voix, qu’au sein de RAINBOW : le duo parfait ! Le duo magique !

 

Les contemporains d’alors nous préciseront si ce choix de date de sortie nationale était une prière à Marie (et non Alice) de succès commercial, ou un choix commercial d’une grande enseigne Parisienne pour bénéficier d’un jour férié ? Quoiqu’il en soit, cette date lance une nouvelle carrière qui amènera l’Homme en Noir, devenu désormais multi-colore, vers quelques 50 millions, non pas d’amis, mais de ventes de disques avec ses 8 albums Arc-En-Ciel !

 

Partagez votre avis sur facebook, ils en ont déjà dit :

” C’est le son qui a vieilli… avec une re orchestration de groupe, l’album pourrait encore voyager sans problème… par contre, cela demanderait un sacré taf, donc du temps et donc… Au chant c’est carrément du challenge mais pourquoi le faire alors que 3/4 accords + un chant tout aussi niés suffisent à contenter la plage… Ce château aura toujours sa part de mystère et son arc en ciel mais il est à l’état de celui de Montségur aujourd’hui,  sauf pour les gens qui aiment encore le craquement du 33 tours évidemment :)” Laurent Pineaud

” Pour un premier album, c’est un sacré album même le sieur Blackmore n’est pas un novice, on ne peut pas en dire autant des membres survivants de Elf qui complètent le line-up. Quelle claque, une brochette de classique dès la première galette de cire. Blackmore-Dio un duo de genie; dommage que leur association n’est durée que le temps de 3 albums studio mais quelle triplette. J’aurai aimé voir cette formation en concert (Live in Munich 1977). Ma chanson préférée de cet album, c’est « Temple of the King ».” Stéphane Polowczyk

 

Titres  tous les morceaux ont été composés par Ritchie Blackmore et Ronnie James Dio sauf ().

Man on the Silver Mountain

Self Portrait

Black Sheep of the Family (Steve Hammond) – reprise Quatermass

Catch the Rainbow

Snake Charmer

The Temple of the King

If You Don’t Like Rock ‘n’ Roll

Sixteenth Century Greensleeves

Still I’m Sad (Paul Samwell-Smith, Jim McCarty) – reprise Yardbirds

Musiciens

Avec

  • Shoshana : chant

Production  Martin Birch, Ritchie Blackmore, Ronnie James Dio

Label  Polydor Records  // Amazon CD / LP / K7

Sortie  15 août 1975

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Album en écoute ci-dessous