David COVERDALE White Snake

Après le split de DEEP PURPLE, David COVERDALE se lance logiquement en solo.

En effet, déjà à l’époque de la Mark III, il déclarait vouloir sortir des singles 45 tours sous son nom. Aussi c’est sans surprise que sort ce premier disque.

Le chanteur de la Mark IV cherche une certaine reconnaissance en dehors de la formation qui l’a rendu célèbre, il composera ici seul 5 des 9 titres. Mais s’il reconnaît que ce premier jet est un projet assez ”timide”, il ne part pas tout de même seul dans cette nouvelle aventure. Il s’entoure de Micky MOODY qui a déjà une expérience discographique, de musicien de studio et de compositeur et dont le premier groupe de jeunesse était composé d’un certain Paul RODGERS encore inconnu. Autant dire, que MOODY est alors un des référents sur la place. Aux baguettes, il enrôlera Simon PHILIPS dont le premier contrat lui fut proposé à l’âge de 12ans. Là aussi, le Cov’ sait que ça va rouler vite, bien et frapper fort. Pour entourer ce beau monde et caler cette première, rien de mieux que de faire appel pour la production à quelqu’un qu’il connaît bien et qui est le producteur plutôt côté en ce temps-là, Mister Roger GLOVER. Le bassiste de la Mark II avait déjà sollicité le chanteur qui a remplacé son pote, Ian GILLAN, pour son THE BUTTERFLY BALL. En somme on divorce de la famille DP mais on reste en bon terme avec un des tontons.

Musicalement, il s’affranchira aussi du POURPRE PROFOND. Ceux qui ne veulent qu’entendre du hard rock, vont ici sortir des Yeux de Démon de leur orbite. Car, il va plutôt chercher à s’épanouir dans ses influences blues et soul, en espérant faire une carrière solo à la Joe COCKER. Exit donc les grands riffs de guitare et autres solos en duel guitare-orgue. On se retrouve plutôt ici vers les disques que produisent les labels STAX ou MOTOWN. Grand fan de Paul RODGERS, on retrouvera aussi des influences de FREE et BAD COMPANY. En somme, COVERDALE retourne à ses sources, celles qui l’ont vu débuté dans THE GOVERNMENT.

Au passage, cet album réhabilitera Glenn HUGHES que les fans ont considéré copable d’avoir dénaturer DEEP PURPLE notamment sur STORMBRINGER. On voit bien là que cette orientation musicale prise alors, était un choix davantage collectif. Un autre disque de la DPF viendra soutenir cette réhabilitation. (Lequel ? Chut ! Suspense ! Mais PAL de secret entre nous … )

Dès Lady et ses cuivres entraînant, on comprend qu’on navigue dans l’océan atlantique : l’océan qui porta les esclaves d’Afrique en Amérique et qui inondera de blues et de soul toute la planète. MOODY se fait tout de même présent avec sa slide chatoyante. Et le swing de PHILIPS acte que Ian PAICE aurait pu prendre son pied  ici aussi (il le prendra plus tard).

Dès le second titre apparaît déjà une ballade. Et pas des moindre : Blindman est une liqueur qui enivre avec ses choeurs féminin charmeurs. Elle sera d’ailleurs reprise et quelque peu réarrangée pour l’album Ready’N Willing. Fille de A Little Help From My Friends des BEATLES version Joe COCKER et du Be My Friend de FREE, cette ballade est juste un bijou qui surpasse tous les Is This Love and co qui suivront. Une des plus belles ballades du Cov’. Dommage qu’il ne la chante que trop rarement en tournée.

La ballade limite Gospel, Goldies Place, toujours avec ses cuivres et choeurs féminin, met en valeur toute la voix suave de celui qui clairement veut devenir le nouveau crooner. On saluera aussi la basse caressante de DE LISLE HARPER emplie de feeling.

Le boogie White Snake raviera les fans du POURPE PROFOND mais aussi ceux de Rory GALLAGHER. Premier titre qui fait couler la sueur, on appréciera ce riff rond supporté par des cuivres mais aussi ce solo introduit à la Talkbox qui ne laissera aucunement de place au doute quant à la couleur blanche que prendra la suite de la carrière du chanteur l’année suivante.

Time on My Side aurait pu figurer sur Come Taste The Band par son côté groovy funky, ici arrangé plus soft avec davantage de piano. Seul le refrain peut lasser à force notamment sur la partie répétitive finale …mais diable que ce rythme est dansant !

Peace Lovin’ Man revient aussi au modèle de la ballade des BEATLES, quasiment sa jumelle même. La voix sensuelle et modulable de Monsieur COVERDALE fait toute la différence et fera frisonner les couples dans les night club et ailleurs. Quelle voix ! A la limite, sa ressemblance trop immédiate, malgré un solo de saxo tout en douceur, sera peut-être le frein au succès planétaire (mais pas d’estime) de ce disque et de ce titre.

Sunny Days secoue à nouveau les bassins avec ce boogie piano bar qu’on retrouvera en plus rock avec Wine Women and Song. Là encore les caresses aux cymbales et autre charleston de Simon PHILIPS seront un régal de finesse.

Hole In The Sky est le single. Et c’est un bon choix tant cette ballade est prenante, se démarque et la voix du Maître est juste magique !

Celébration clôturera le bal de la meilleure des façons avec ce groove gagnant qui vous fera vous lever pour danser et ses choeurs envoutant qu’on croirait tout droit sortie d’une église de black, sans oublier ce solo de basse funky pulsé par un solo (trop court) d’orgue.

Ce premier est paradoxalement une vraie prise de risque vis à vis du public qui connaît déjà le futur leader de WHITESNAKE et inversement une non prise de risque sur ce style produit (blues gospel soul) tant il est encore à la mode face au hard rock dans les grands médias. On se demande si le label l’a réellement défendu pour éviter de surcharger le marché. En sus des artistes cités, de ceux des labels cités, n’oublions pas que les SINATRA et autres grands crooners américains dominent encore la place, même s’ils sont davantage dans un registre swing jazz qu’approche probablement trop ici COVERDALE ; sans compter la présence encore dans les charts et pour longtemps du cadavre d’ELVIS … On a vu des artistes censurés par des labels pour éviter de faire de l’ombre à leur produits-phare de leur catalogue. Il ne m’étonnerait pas qu’on est ‘invité’ COVERDALE à revenir dans son jardin, qu’il soit pourpre ou blanc, mais moins vert !?

Mais au final on s’en fout un peu de la direction musicale prise ici quand on a l’esprit ouvert. La musique ici est superbe, point ! La voix est déjà entrée dans la légende et avec cette couleur blanche, elle va le rester.

On pourrait même regretter que le chanteur à la voix éraillée n’ait pas poursuivi une double carrière : celle du hard rockeur qui allait devenir multimillionnaire avec son groupe et celle d’un artiste solo, fan de Janis JOPLIN de Paul RODGERS et de Joe COCKER à la voix si modulable et si bluesy, dépassant en profondeur ses influences. Mais à l’époque, ça ne se faisait pas encore de mener deux carrières à la fois. Dommage ! Mais merci de nous avoir proposé tout de même un tel disque. Vivement le second, Northwinds.

Vos avis sur Facebook

Très bonne chronique ! Miam ! ” Eric Penot

”Merci beaucoup !” Franck Andfurious

Tu es le french Simon Robinson 🇫🇷😉🔝” Ian Cozy

” Ha ha ! Je suis loin d’en savoir autant que lui sur la DPF ni d’avoir sa proximité 😉 mais merci pour ce beau compliment …” Franck Andfurious

 

Titres

Lady (David Coverdale, Micky Moody)

Blindman (David Coverdale

Goldies Place (David Coverdale)

Whitesnake (David Coverdale, Micky Moody)

Time on My Side (David Coverdale, Micky Moody)

Peace Lovin’ Man (David Coverdale)

Sunny Days (David Coverdale)

Hole in the Sky (David Coverdale)

Celebration (David Coverdale, Micky Moody)

 

Musiciens

David Coverdale – chants, piano, percussions

Micky Moody – guitares, percussions, chœurs

Simon Phillips – batterie, percussions

De Lisle Harper – basse, percussions, chœurs

Tim Hinkley – orgue, percussions, chœurs

Ron Aspery – saxophone, flûte

Roger Glover – basse, percussions, mélodie, chœurs, production

Liza Strike – chœurs

Helen Chappelle – chœurs

Barry St. John – chœurs

 

Producteur Roger Glover

Label Disques Vogue (France)

Sortie 9 février 1977

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