RAINBOW Difficult To Cure

 Lorsque jeune adulte, je m’achète le magazine hors série HARD ROCK BIBLE, je ne pensais pas en voir de toutes les couleurs !!

Car si je connaissais DEEP PURPLE, RAINBOW n’était encore qu’un nom pour moi ! Aussi, quand j’entendis sur le CD-compilation joint, cette reprise de Russ BALLARD, ce fut le coup de coeur pour ce refrain et ces jeux de guitares si mélodiques et cette voix si haut perchée ! I Surrendeeeeerrrrr

Combien de fois me suis-je explosé les cordes vocales en essayant de chanter ce refrain trop aigü sur mes aller-retour quasi quotidien Agen-Marmande du temps de mon ”pioniquat” la nuit en tant que maître d’internat à Agen et mes études le jour à Marmande ! Tu t’en fous ? ok ! Mais je n’abandonnerai pas cette chronique pour autant 😉

Donc oui, je partais sur la route de l’Arc-En-Ciel avec ”l’avantage” de découvrir cette orientation de Ritchie BLACKMORE faisant appel à l’ex-FANDANGO, Joe Lynn TURNER au chant, et non Ronnie James DIO ou même Graham BONNET. Comprendre que je partais donc sans à-priori, dégustant mon premier album de RAINBOW, l’appréciant brut, comptant, sans connaître son passé encore plus lumineux et ne tombant pas dans ce piège de la comparaison ! J’ai donc un affect profond pour la période TURNER et notamment cet album. Alors depuis, je me suis soigné à l’ère de DIO. Mais désolé, je garde des séquelles profondes et il me sera difficile de ne pas défendre la période TURNER.

J’ai déjà décrit ce hit ouvrant cette nouvelle bible : un tube qui se classera 3e des singles chez les Brexit.  On peut reprocher beaucoup de choses à TURNER, surtout le reproche (de mauvaises foi ?)  d’être seulement le troisième élu ou d’être la victime collatérale du choix commercial de BLACKMORE, mais il est clair que peu arrive à reprendre ce titre avec la même hauteur et clarté que lui. Il suffit d’écouter la version originale chantée par l’ex-RUNAWAYS Cherie CURRIE et ses tremolos en … difficultés. Il est rare qu’une cover soit mieux que l’originale ! Mais si en sus, on rajoute la classe musicale de BLACKMORE, cette reprise est une vraie curée à sa V.O.

Les cachets suivant Spotlight Kid, No Release (excellent avec ses breaks, ses accélérations et son final Mistreatedien), ou le boogie Can’t Happen Here,  sont des pépites de speed-hard’n roll  : rien d’original si on maîtrise les couleurs de l’Arc-En-Ciel (DIO-BONNET) précédentes déjà gravées dans le ciel musical, voire de la MARK III, mais on prend tout de même son pied ! Là est l’essentiel !

Seule faute de goût et pas des moindres car elle sera probablement la justification des anti-TURNER, la composition Magic de Brian MORAN, trop commerciale, voire gnan gnan avec son refrain trop variété, limite Eurovision, Cette tâche est heureusement la seule, mais son incidence est grande.

Elle se répercutera d’ailleurs sur Freedom Fighter, qui aurait pu être un titre épique, notamment avec son solo grandiloquent, son refrain direct presque hymnesque heavy allemand, si le son choisit ici n’augurait pas comment allait sonner le futur BLACKMORE’s NIGHT. Un choix de son pris entre deux amplis donc qui ne sait vers quel courant aller : commercial ou heavy !? un son trop soft opté ici pour une compo qui semblait à la base pouvoir sonner bien hard. Plaisant mais dommage, on passe là peut être à côté d’un titre épique comme seul RAINBOW savait en produire.

Heureusement, le power bluesy Midtown Tunnel Vision redressera la barre heavy avec un TURNER qui s’emploie pour être le plus bluesy possible : probablement même, le titre de TURNER qui aurait le mieux coller à la période BONNET, voire DIO et COVERDALE !?

On se rassurera aussi avec deux instrumentaux ”magiques” évidemment ! Celui connu de la reprise de BEETHOVEN qui traumatisera à vie MALMSTEEN, mais surtout le prenant Maybe Next Time qui mettra d’accord tout CLAPTONien, PAGEien ou BECKien qui se respectent, sur le véritable nom du meilleur toucher de guitare qui soit, sans oublier l’intensité mélodique de cette pureté instrumentale. Si avec DEEP PURPLE et notamment avec Anyone’s Daughter, on pouvait s’apercevoir de la finesse du Maestro et de son attirance déjà pour la musique classique, on vit là un véritable moment de grâce. L’avantage de l’instrumental, c’est que si la bande de ma cassette audio s’est usée à  force d’écouter ce bijou, mes cordes vocales ont pu être épargnées. 🙂 … ou du moins reposées pour se préparer à une version cousine chantée, celle de Wasted Sunset.

Premier album donc avec le troisième chanteur de RAINBOW, assez bon dans son ensemble même si bancal par moment et qui dénote certes de l’envie de BLACKMORE de séduire les ondes radio. On sort cette galette encore du moule des deux périodes précédentes mais on sent bien que la patte se décolle de ce moule pour aller rejoindre ceux des restaurants rapides.

(oui ! j’ai ce numéro et re-oui j’ai ce poster de Ritchie hé hé) …

Titres

I Surrender (Russ Ballard)

Spotlight Kid (Ritchie Blackmore, Roger Glover)

No Release (Blackmore, Glover, Don Airey)

Magic (Brian Moran)

Vielleicht Das Nachste Mal (Maybe Next Time) (Blackmore, Airey) instrumental

Can’t Happen Here (Blackmore, Glover)

Freedom Fighter (Blackmore, Glover, Joe Lynn Turner)

Midtown Tunnel Vision (Blackmore, Glover, Turner)

Difficult to Cure (Beethoven’s Ninth) (Ludwig van Beethoven / arr. Blackmore, Glover, Turner) instrumental

 

Musiciens

Joe Lynn Turner – chant, chœurs

Ritchie Blackmore – guitare

Roger Glover – basse

Bobby Rondinelli – batterie

Don Airey – claviers

 

Producteur Roger Glover

Label Polydor Records

Sortie 3 février 1981