BLACK SABBATH Seventh Star

Ce 28 janvier 1986 apparaissait dans la constellation d’Apollon, une septième étoile ! …

”BLACK SABBATH featuring Tony IOMMI” : Cette appellation, ajoutée à la pochette où seul le guitariste pose, laisse entendre qu’un truc cloche ici !

En effet, cet album devait être une réalisation en solitaire du guitariste. Sa maison de disque fera pression pour y adjoindre le nom de BLACK SABBATH, pour des raisons commerciales évidentes.

En 1986, BLACK SABBATH n’est plus que l’ombre de lui-même. Quand on imagine de quelle noirceur peut être l’ombre d’un truc qui est déja noir, c’est tout dire ! (mouahahaha, on applaudit bien fort ma vanne). En interne, le seul truc de clair qui traîne dans les parages, c’est de la poudre blanche. (Le guitariste le reconnaîtra bien plus tard) ! Tony se fâche avec Geezer parce que l’un veut parler en £ alors que l’autre entend engranger davantage de $ … bref, c’est le bordel ! BS se cherche et est caricaturé par la presse pour ses moult changements de personnel. OZZY est parti, DIO aussi et la blague (bonne ceci dit) avec GILLAN a tourné court.

Aussi, le guitariste à la moustache légendaire, voyant le succès conséquent d’OZZY freinant toute retrouvaille, décide de prendre du recul et de réaliser un album solo. Constatant aussi que la mode US est au hard mélodique, dit commercial, avec les BON JOVI, JOURNEY, etc … il voudra prendre une direction musicale dans ce sens. Beaucoup de formations prendront aussi ce cap pour séduire les radio US et MTV, même JUDAS PRIEST. Exit donc le line-up encore présent quelque temps auparavant du SAB’ et bonjour à de nouveaux musiciens, dont le chanteur de PHENOMENA et du culte HUGHES/THRALL, tous deux  accès FM, et donc aussi à un claviériste.

Niveau compo, pour séduire les ondes, quatre ballades seront présentées. Sur 8 titres, ça fait 50%, rétorquera le comptable qui espère donc que ce seront 50% de plus que d’habitude qui tomberont sur son compte bancaire. C’est dire le virage musical pris. Mais peu importe, car  si toutes les ballades, plus ou moins power, étaient toutes de l’acabit des No Stranger To Love, Seventh Star, Heart Like A Wheel et In Memory, je serai près à en acheter un album entier. Ces ballades essaient de nous refaire le coup de la somptueuse Phoenix Rising de PHENOMENA sur laquelle Maître HUGHES sur sa piquouse perchée, est juste velouté … ”comme à son habitude sur ce genre de séduction”, n’oubliera pas de préciser le comptable !

Alors si certains s’offusqueront à priori de l’alliance avec le chanteur soul de Stormbringer, qu’ils soient rassurés ici : son chant est bien agressif sur les titres de hard … mélodiques bien appuyés par les riffs percutants du patron.  In For The Kill, Danger Zone, Angry Heart … sont juste des tueries de heavy mélodieux. Et les solos du Maestro sont là pour rassurer tout hermétique aux claviers, qui ne sont ici qu’ambianceurs.

Soul agés ? Oublie les préjugés et les commandements écrits par le SABBAT NOIR ! Si ce disque peut piquer le die-hard fan à sa sortie pour des raisons en vérité qui sont extérieures à la musique, il n’en reste pas moins exquis en tout point. Le duo en est conscient et remettra le couvert une décennie plus tard. Seul bémol, sa longueur ! On aurait bien pris un titre de plus dans les dents, ballade ou pas ! D’autant que la délicate et sublime fin d’In Memory ouvre encore plus l’appétit qu’il ne le rassasie tellement elle est belle dans son minimalisme et sa pureté ! 

Personnellement, je regrette que Glenn HUGHES n’interprète plus des titres de cet album à ses concerts, hormis pour les deux pépites No Stranger To Love et Seventh Star, qu’il ressort de temps à autres. Que j’aimerai entendre In Memory ! … Je regrette aussi que ce duo-là n’ait jamais sorti l’album que leur talent aurait du permettre, du style concept album de la mort, malgré deux suites, 1996 Dep Sessions et Fused, tout aussi recommandables. Je reste persuadé que IOMMI n’est pas allé au bout des choses dans sa complicité avec l’ex-TRAPEZE et DEEP PURPLE.

Malgré 3 albums de haut standing, comme tout élève doué mais quelque peu paresseux, ces deux-là auraient pu faire encore mieux et sortir un chef d’oeuvre. Ils n’en étaient pas loin. Les circonstances ou la volonté ne l’auront pas permis. Pour ce Seventh Star, Glenn HUGHES trop addict, devra abandonner la tournée* après seulement quatre shows, ruinant ainsi un potentiel gigantesque, que la reprise de la carrière de BLACK SABBATH n’aura jamais permis de réaliser. Dommage mais un énorme bravo quand même !

 

* La tournée se poursuivra avec Ray GILLEN ! L’album suivant du SAB’ était prévu avec ce remplaçant de talent, mais il quittera le navire laissant à son tour la place au sous-estimé Tony MARTIN.

Vos avis sur facebook :

” Très très bon album.” Yves André

” Superbe album ! Bien sûr, plus Iommi que Sabbath, mais vraiment très bon.” Olivier Anglade

”Le nom Black Sabbath featuring Tony Iommi est parfaitement ridicule mais un excellent album au demeurant.” Phil Finger Spitfires

”J’adore ce disque ! On parle souvent de Sabbath version FM mais si In for the Kill n’est pas un pur titre heavy metal, j’y connais rien ! Et même si Glenn Hughes a de mauvais souvenirs de cette période (voir pas de souvenirs du tout), sa performance est excellente !” Guillaume Rebaud

” Super album !” Daniel Fastré

”Énorme album, pas vraiment du Black Sabbath mais un niveau vocal stratosphérique de Glenn Hughes” Emmanuel Pitchelu

”C’est pas Black Sabbath mais du Iommi et ça n’empêche que c’est un très bon album.”Richard Brun

”Super disque grâce à GH mais cela n’aurait pas du s’appeler Black Sabbath” Dare Marathon

”Geoff Nicholls …3 ans déjà !! 😢😢” François Lefevre

”J’adore ce disque” Hubert Allusson

” Superbe album, on aime quand Hughes chante comme cela.” Christian Albinovanus

” Belle chro, bravo … Magnifique album en effet ! Et comme tu le dis bien, Iommi/Hughes aurait du (aurait pu) pondre un projet encore plus grandiose … Quel abruti ce Glenn à cette période, pitoyable sur scène.” Steph Simeon

 

Titres

In For The Kill

No Stranger To Love

Turn To Stone

Sphinx (the Guardian)

Seventh Star

Danger Zone

Heart Like A Wheel

Angry Heart

In Memory …

Membres

Tony Iommi : guitares

Glenn Hughes : chant

Dave Spitz : basse

Eric Singer : batterie

Geoff Nicholls : claviers

Musiciens additionnels

Gordon Copley : basse sur No Stranger to Love

Jeff Fenholt chant démo

Ray Gillen : chant concerts

Produit par Jeff Glixman

Label Vertigo Records

Sortie le 28 janvier  1986