DEEP PURPLE Whoosh! – chronique

« C’est quoi cet album ? waHOU ! waWHOOSH !… » …

Pour les allergiques aux chroniques longues, allez direct à la conclusion ou au Titre par titre ! Des avis de fans y sont aussi postés. Chauffez-vous l’index pour mouliner la souris ! C’est ce qui s’appelle une chronique Prog ! On est fan ou on ne l’est pas ! Hahaha ! Le support web permet de développer, on ne va pas se géner My Lord ! DP, ça se mérite ! 😉 et puis c’est l’été, faut bien un peu de lecture sur la plage ! … Le second format Titre par titre est sur une page à part pour une question de lisibilité ! Cliquez sur les polices en gras pour faire fondre la graisse des glaces et tapas ! Et oui, quand yen a plus, yen a encore : du DP en somme !

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« C’est quoi cet album ? waHOU ! waWHOOSH !…

Chère Micheline ! Veuillez me prendre rendez-vous avec votre psy, votre généraliste, coach, masseuse, yogiste, gourou et voyante ! J’ai besoin de remettre le Tetris de mon cerveau dans l’ordre  … Mais sortez-nous aussi une bouteille de château Audiard 1968 prête à être débouchée, je sens qu’il va se mériter !? »

Il est toujours complexe d’analyser un album du Pourpre puisqu’eux-mêmes n’ont pas de ligne directrice ni de leader et que les compositions se font par des Jams. Probablement la raison pour laquelle DP n’a jamais réalisé de concept-album !? Du coup, on se heurte parfois à voir côtoyer le sublime avec l’incompréhensible. Ils sont ainsi faits et ça fait aussi leur charme. D’où le travail d’importance de la production pour canaliser l’ensemble.

 

A défaut d’analyser, décrivons !

”Etre ou ne pas être ?” That is the question ! À laquelle on pourrait y ajouter l’envers du miroir : ”S’attendre à … ou ne pas s’attendre à ? ” Car quand on espère quelque chose de trop précis, le risque de déception grandit à la proportion où on se ferme la fenêtre de la surprise.

Ce 21ème du nom s’apprivoise dans la longueur. Ce n’est pas un album immédiat. Il fait assurément même parti des albums qu’on peut détester aux premières écoutes tant on s’attend à autre chose, ce fameux poids de l’histoire, mais qui peut vite rendre addict si on se laisse apprivoiser, tant sa richesse ne fait aucun doute. Il suffit d’écouter au casque pour bien entendre tous les instruments et se rendre compte à quel point le travail d’équipe est optimisé ici.

Ceux qui espèrent toujours un In Rock, un Machine Head, un Burn, un Purpendicular bis … n’ont peut-être pas saisi l’essence de ce groupe. Ian GILLAN le redit donc ici : « Look the other way » que je traduirais par « Regarde les choses sous un autre angle » et prends plaisir au lieu d’espérer l’impossible, celui de l’éternelle jeunesse et l’ambitieux clonage. Car il est impossible de revivre deux fois la même émotion. L’important est d’en revivre de nouvelles et des bonnes, ce qui est le cas ici. (désolé, j’arrive moi aussi à un âge où je me fais vieux con donneur de leçon mais sous forme de bienveillance … enfin, j’espère !?  sinon “Tart-à-gueule à la récré” comme le chantait SOUCHON)

 

Si ce groupe a une base Rock Boogie Blues, il ne s’est jamais interdit de toucher à tous les genres. Grands musiciens ils sont, alors Musique ils feront !! … Musique au sens large du terme ! Psychédélique, Hard Rock, Funk, Soul, Prog, Classique, Jazz, Rap… et même un zest de modernisme, de SF, voire d’électro sur Dancing In My Sleep ! Une idée pour un 22ème ? ha ha !

Pour ceux qui attendent un comparatif avec ce qui a déjà été fait, je dirai que … désolé, je suis sur la lune, je reviens plus tard… Mais comme je suis sympa, je dirais qu’il a le côté léger d’un Who Do We Think We Are, le côté ambitieux et bancal de Fireball, … le côté musique Classique de Jon LORD repris ici par un excellent et inspiré comme jamais Don AIREY, … le côté pop lyrique, voire psychédélique de la Mark I …, le côté réaliste des capacités de l’âge, ajouté au côté moderne et prog d’un EZRIN, … le côté malicieux et réfléchi du Pourpre avec son côté Dandy non chaland … un côté old school mais qui sonne frais … et enfin bonus : qu’une reprise de Strangeways aurait trouvé sa place ici tant par son esprit musical que le sens du titre (« Etranges Façons » ou « Etranges Chemins »). Car on est en plein dans l’étrange ici… Tous ces éléments indiquent que malgré l’étrangeté de ce Whoosh!, on survole tout de même un terrain connu. Certes on le survole de façon apaisé, peu rock, mais on survole toujours au dessus de la masse … tel un astronaute intrigué, observant des astres notre Mère, la Terre !

Donc quand on est déstabilisé, on se réfugie sur les définitions, les bases. Quand on parle de PURPLE, on parle de classiques ! Quel titre pourrait devenir un classique ? Difficile à dire aux premières écoutes, … probablement aucun !? … Et si c’était l’album dans son ensemble qui devenait un classique ?

Le terme est probablement trop fort en cette époque où la concurrence est telle et après 60-70 ans de Rock de ces vieux fans bouffés par la blasitude et leur cholestérol, pour qui seuls les artistes morts demeurent légendaires. Mais pour d’autres, il peut apparaître dans les très bons crus Pourpre, et de l’année 2020.

Au foot, ce n’est pas toujours l’équipe de Stars qui gagne la coupe mais parfois l’équipe moins talentueuse et plus soudée. C’est le cas ici. Individuellement, les morceaux ne feraient pas casser la tirelire des grands clubs au mercato. Mais un milliardaire achèterait ce club tout entier. Je ne suis pas riche d’argent, seulement d’émotions. Alors j’achète cette équipe de WHOOSH!

Est-ce un album de Hard Rock ? Plus vraiment ! Mais DP n’a pas toujours fait du Hard Rock non plus !… Est-ce un bon album ! Pour ma part, oui ! … Est-ce que tous les groupes de Hard Rock sortent de bons albums ? … Bip bip bip … Houston ! On ne vous reçoit plus ! …  Est-ce un album de DEEP PURPLE ? Oui pour ceux qui ont compris que DEEP PURPLE ”est”- Musique ! Oui aussi pour ceux qui aiment la Mark I !

Le groupe a déclaré que le concept de la pochette et du clip est celui d’un astronaute venu du futur qui reviendrait sur Terre constater les dégâts de l’Homme (parallèle au clip Knocking At Your Backdoor) ! J’aurai tendance à dire que cela pourrait être aussi la Mark I qui s’est téléporté vers le futur.

L’âge des artères et l’arrivée d’EZRIN a logiquement orienté le groupe vers le juste équilibre des forces. Now What !? était ambitieux, frais, moderne ; InFinite, plus léger et à première vue moins bon que son prédécesseur. Pourtant, c’est ce dernier que j’écoute le plus des deux. C’est ça DEEP PURPLE : cette capacité de soumettre des contradictions et de nous les faire aimer quand le sang Pourpre coule dans vos veines.

 

Don AIREY – Steve MORSE

J’avais prédit une orientation vers les claviers pour faire reposer la voix de GILLAN. On y est ! Pas besoin de jouer fort pour être bon ! BLACKMORE serait d’accord avec ça ! En plus, ils détiennent déjà un titre de recordman du groupe qui joue le plus fort, ça n’a aucun intérêt de refaire la même chose pour ceux qui aiment aller vers de nouveaux challenges.

Don AIREY est omniprésent et brille de mille feux ! On le savait techniquement doué, le compositeur tardait à éclore mais s’imposait crescendo au fil des albums, jusqu’à tout illuminer ici. Pourtant, je n’ai pas toujours été tendre avec lui pensant qu’il s’éloignait trop de la marque LORD. Il a enfin trouvé le dosage parfait entre son modernisme et l’esprit LORDien ! Là où LORD n’avait pas osé aller sur The House Of Blue Light en actualisant son jeu, AIREY y va ! Et ma foi, son jeu s’harmonise parfaitement avec le virage prôné par EZRIN.

Que ce soit dans une palette large de sonorité diverses et variées, amenant toutes une plus-value et non une certaine vulgarité comme cela a pu être le cas parfois en live : piano, orgue, claviers, tout y passe avec finesse ! …

… ou que ce soit dans son jeu, boogie à la Jerry LEE LEWIS, puis moderne ou classique notamment sur Nothing At All, le Anyone’s Daughter local, esprit Jean-Sebastian BACH ou MOZART avec un rapprochement évident au clavecin de LORD sur Blind ou à Anthem : son solo traduit justement cette habilité à joindre classicisme et modernisme, entre clavier moderne qui rappelle pourtant aussi le son du clavecin…

… ou encore quelques clins d’oeil à l’histoire Pourpre comme l’intro de No Need To Shoot jumelle de celle de Perfect Strangers, le début du groove, celui de Stormbringer et la suite, le côté funky de l’oublié en concert, One Night In Vegas, puis cette touche de piano boogie : excellent de raffinement. Du grand Art, du grand AIREY (le jeu de mot avec la liaison est voulu tant il faut être génialement taré pour proposer une telle diversité sans que cela ne dégouline) ! Bravo !

 

Du coup, Steve MORSE semble en retrait ! Semble ? Car si on prête l’oreille – écoutez au casque – ses interventions ne sont pas dénués de talents tant en rythmique qu’en solo. Il varie son jeu sur quasiment tous les morceaux. J’adore ses quatre notes discrètes à 0’38 sur The Long Way Round tout comme son solo et son accompagnement qui suit. Bref mais lumineux est celui sur The Power Of The Moon tout comme le lyrisme sur Step By Step ! Certains lui reprochaient d’être trop bavard ! Parfois de simples notes valent mieux que de trop longs discours ! Il fait hérisser les poils sur Throw My Bones. Son passage saccadé devrait même ravir les fans de son prédécesseur. Le solo posé et précieux de Man Alive ou celui extravagant sur Dancing In My Sleep le fait sortir de son ”ordinaire”… ce qui prouve encore qu’il n’est pas aussi linéaire que ses contradicteurs le disent, à tort. Son court riff, limite AC/DCien sur Drop The Weapon nous chatouille ce qu’il faut pour nous allumer sur un groove qui fera mouche sur scène. On l’aurait aimé effectivement plus bavard ici, plus rock façon solo à tiroirs de Lay Down Stay Down. … Solo à tiroir qu’il nous délivre tranquillement sur We’re All The Same In The Dark, en espaçant les notes comme aimait le faire l’Homme en Noir, notamment sur l’album Stormbringer. Très bluesy ici, qui a dit que MORSE n’était pas un guitariste inspiré ?

Certains ne peuvent toujours pas s’empêcher, de le comparer au Maestro Ritchie BLACKMORE ! 26 ans plus tard, faudrait penser à passer à l’heure d’été les gens ! Ecoutez donc le son de sa guitare sur Dancing In My Sleep : son intervention dès la quarantième seconde est sans équivoque : excellent ! BLACKMORE aimait les silences, MORSE fait sien cette doctrine. Certes, il nous balance sa ”marque de fabrique” sur un titre sur 13 ! Mais il semble que ce soit au final le concept de l’album que de faire des clins d’oeil à l’histoire du groupe dont il fait partie assurément. Son riff sur No Need To Shoot aurait mérité d’être plus appuyé au mixage. En est-il responsable ?

Il est donc assez étonnant de lire sur les réseaux sociaux que l’ « on n’entend pas Steve MORSE » !!?? Si vous ne l’entendez pas, changez les piles de vos sonotones. Va falloir créer une mutuelle et une caisse de retraites pour fans de Hard Rock mouhahaha !

Steve MORSE démontre encore sa diversité et sa capacité à écrire de superbes lignes mélodiques. On l’entend moins parce qu’il a été décidé naturellement de ne plus pousser les octaves , parce que Don AIREY est omniprésent et parce qu’il est un zest sous-mixé. Notre oreille entendait naturellement davantage les aigus de HUGHES couvrant la voix grave de COVERDALE ! Pourtant chez les fans, c’était bien le COV’ qui avait toutes les faveurs ! Alors pour MORSE, tendez votre vibrato auditif ! Vous serez surpris ! Il distille juste l’art de savoir quand il faut être présent et quand il faut être discret. On pourrait croire qu’il est probablement bien dirigé par EZRIN ? Possible !? Mais c’est oublier la place énorme qu’il laisse à ses bassistes et autres musiciens au sein du STEVE MORSE BAND. Don AIREY est inspiré, alors il est intelligent de le mettre en valeur par des interventions moins nombreuses mais plus fines, plus complices comme il le fait sur des parties Néo-Classiques. Bref Steve MORSE se bonifie et n’a qu’un tort : ne pas jouer sur une Stratocaster !

 

Ce duo légendaire claviers-guitare, si il est moins virulent, moins hard, nous distille des perles purement jouissives comme sur Nothing At All, No Need To Shoot, l’interlude Remission Possible  … Si ça, c’est pas du bon Pourpre, je me fais noir (puisque c’est à la mode) !! Parce que la paire AIREY-MORSE n’a jamais été aussi proche ici, de celle des Rois BLACKMORE-LORD, notamment celle de la Mark I. Moi qui ait mis des décennies pour écouter cette période 1968-1969, jamais je n’aurai pensé la similitude aussi évidente aujourd’hui.

 

Ian GILLAN

Par ricochet, mon enfant, ce choix d’adoucir le son des instruments n’oblige plus le septuagénaire à forcer et met en valeur la jolie tessiture unique du chanteur de la Mark VIII. Ses nuances vocales se font donc encore plus subtiles.

S’il ne crie plus, il interprète toujours avec variations et finesses ses textes. Il suffit d’écouter le final de Drop The Weapon sur lequel il casse sa voix, pour comprendre qu’il nous délivre un message. D’autres vocalises légères par-ci par-là sans forcer, notamment sur Throw My Bones, Step By Step ou encore We’re All The Same In The Dark rappellent celles des Living Wreck, Demon’s Eyes,… Quel régal !

Ian GILLAN ”chante” beaucoup. DEEP PURPLE a écrit un album de chansons … Je n’oserai pas écrire, de Variétés, de peur d’être mal compris par le côté péjoratif que cela implique. Non ! Ce sont de très bonnes chansons, de la Pop Prog Rock Variété de haute qualité (Mk I) et non pas des hymnes Rock comme on pourrait s’y attendre. Les refrains sont très inspirés, très mélodiques : le pont de No Need To Shoot est un caviar irrésistible.

La jeune voix des 70’s se serait régalée ici. GILLAN œuvre désormais comme un Parrain, avec classe et sérénité ! Posé, mature, lyrique parfois, on pourrait même imaginer ce grand crooner de Frank SINATRA sur ce disque. Les die-hard fans fantasmaient sur une réunion-jam avec les anciens membres de DP (Rock and Roll Hall Fame) et donc, entre les chanteurs. A cette évocation, ils (on) pensaient surtout au trio GILLAN-HUGHES-COVERDALE voire le rejeté TURNER. Pourtant, celui à qui on pense rarement, aurait été ici, le complice idoine de GILLAN, à savoir Rod EVANS. Une invitation scénique serait d’ailleurs bienvenu, si on retrouvait le chanteur disparu de la Mark I – cela serait une preuve d’élégance par rapport à l’histoire avec lui – et parce que cet album comporte beaucoup de choeurs, chose plutôt inhabituelle sur un album complet. Des choeurs qui parfois rappellent l’esprit 60’s à la BEACH BOYS sans aller vers le côté mielleux du genre et de l’époque dont sont issus les cinq fantastiques, en restant ici dans un présent bien marqué : encore cette alliance entre passé et présent, exercice pourtant irréalisable mais que EZRIN a réussi à produire.

GILLAN ne hurle pas pour ce 21ème voyage ! Et alors ? GILLAN le dit : « Pas Besoin de Crier » ! (encore un message ; et 75 ans siouplait, respect !). Il n’en a jamais eu besoin à vrai dire, tant sa voix est riche, même si c’est cela qui l’a rendu célèbre. Et puis, il est étonnant que les revendicateurs d’un Child In Time bis ne connaissent pas sa carrière solo et dont Fighting Man !? Comme dirait COLUCHE : « Je me marre ! »

Rod EVANS, non plus ne hurlait pas ! C’est pour cela qu’il a été viré, me direz-vous ! Non ! Il a été remplacé suite à un changement de direction musicale ! La nuance compte ! (Suis-je de mauvaise foi ? L’esprit de mon héros BLACKMORE m’habite parfois mais peut-être pas là, un peu dans l’esprit de sa blague préférée : « Fantôme, es-tu là ? » Haha )

Certains déçus diront que le fantôme du POURPRE ne plane plus ici. Changez donc votre drap blanc qui date des années 70’s ! PURPLE a toujours été une formation qui avançait, qui prenait un virage musical par rapport à ses albums précédents hormis pour Slaves And Masters et The Battle Rages On, les deux derniers albums avec Ritchie BLACKMORE. Un surplace artistique qui n’a ravi personne au final, même si ces deux albums sont plaisants. … Tout comme Bananas et Rapture Of The Deep, les deux derniers albums précédant l’arrivée de Bob EZRIN, qui a complètement compris ce qu’était la moelle des 13 âmes qui ont enrichi l’Institut. Whoosh! pourrait être d’ailleurs une bonne suite, avec ce gros plus qu’il manque à ces deux derniers cités. Il me semble avoir la légèreté d’InFinite et la sophistication de Now What !? Ainsi que le coté fun de Bananas en plus travaillé ! Le tout non dénué d’une certaine classe !

 

Ian PAICE – Roger GLOVER

Cette âme est garantie par une section rythmique, comme à son habitude, solide.

Ian PAICE dont le mix est assez mis en avant, déploie son bit façon métronome à la Phil RUDD, avec un jeu de cymbales déployé. C’est sobre, carré, efficace, ce qui ne l’empêche pas de nous rappeler quelques roulements dont il a le secret comme sur le boogie, esprit THE JAVELLINS 60’s What The What ou sur Drop The Weapon.

GLOVER se régale comme d’hab’ avec tous ces changements de styles musicaux : suffit de l’entendre lui aussi sur  Dancing In My Sleep ou Drop The Weapon sur lequel un solo de basse aurait été appréciable.

 

CONCLUSION

Ce 21ème album est surprenant ! Je comprends les déçus ! Moi-même au début, ça a piqué ! …

Mais non ! Cet album, s’il ne contient pas de titres forts, dans le sens de l’héritage de la Mk II, possède une certaine élégance et renvoie aux bons titres de la Mk I (The Shield, Chasing The Shadows, Blind). Il est un régal absolu qui s’apprécie au fil des écoutes. Les mélodies exquises des refrains, se dévoilent au fur et à mesure que se dissipe cette brume de l’Histoire : signe d’un très bon album !

Avec cet artwork très réussi, DEEP PURPLE nous invite à une rencontre du troisième type ! Un 21éme album venu du 20éme siècle mais qui sonne bien 21éme siècle voire 22éme ! Et ça, c’est très fort !

Les principaux défauts qui me paraissent inexplicables sont l’absence d’un titre vraiment rock et l’OVNI What The What, cassant le liant entre la Face A du disque et la B. Il a le mérite d’alléger l’ensemble et de rebooster la seconde partie. Mais pour cela, le groupe aurait pu composer une ballade ou un second instrumental plus en adéquation.

PURPLE semble avoir écrit cet opus en rapport au présent mais aussi en rapport à son histoire avec tous les clins d’oeil évoqués. Le nouveau logo, très jumeau de celui des débuts, puis clôturer par la reprise de And The Address, premier titre écrit en 1968, font immanquablement leur effet hommage et nostalgique. Tout comme le concept de l’astronaute au costume du premier voyage sur la Lune en 1969, année de l’arrivée du duo GILLAN-GLOVER dans le groupe : clin d’oeil involontaire ? … Il ne manquerait qu’une reprise de l’interlude futuriste de 1969, Fault Line (Mk I) pour passer le témoin à l’intro moderne de Dancing In My Sleep. (voire aussi A200)

Certaines paroles signifient aussi une époque, même si ce n’est pas leur signification première dans la chanson : « San Francisco », « Peace and Love », … What The What semble le titre hommage au années 50’s Rockabilly dont est issue le Pourpre et qui, par son côté décalé à l’album, aurait pu faire figure de bonus, à une Face A subliminale d’un 33t d’alors !? Un rappel là aussi au vinyle, pur produit d’époque, qui revient pourtant à la mode en ce 21ème siècle. Au final, j’aurai plutôt inversé ce titre anachronique en bonus avec Dancing In My Sleep.

On pourrait donc râler que l’album ne soit pas clos par And The Address, reprise évidente pour clore l’Histoire. Mais ce bonus Dancing In My Sleep et ses tonalités futuristes n’est-il pas un message du type « Hey, les gens : On sait que c’est la fin mais qui sait s’il n’y aura pas un 22éme album ? » … La vie repousse toujours la mort aussi loin qu’elle le peut ! Les cinq Magic n’aiment donc pas évoquer l’inéluctable, même si le clip de The Surprising était sans appel. Il semble qu’ils ont accepté cette nostalgie pour ce disque aux multiples références, nous refaisant traverser ces décennies, tout en nous projetant vers le futur.

Avec tous les messages véhiculés, plus ou moins subliminalement et plus ou moins volontairement – avec eux, on ne sait jamais – et si c’était ce Whoosh! le concept-album qui manquait au POURPRE PROFOND ?

Paradoxalement, si on prend un peu de recul, en revenant vers l’esprit de la Mark I, ici modernisé, cet album est peut-être le plus bel hommage à la carrière MAUVE !?

Que l’on aime ou pas cette réorientation musicale, je dirai plutôt cette adaptation, quel groupe a su autant se renouveler au fil du temps ? Cette trilogie EZRINienne marquera l’épopée Pourpre de son empreinte. Mark IX ?

Entre présent, passé et futur, DEEP PURPLE .. à tout jamais un groupe intemporel ! Bravo !!!!!

 

Pensées Satellites : Si ces gars n’étaient pas autant formatés pour la scène en ne composant que des morceaux jouables seulement par eux cinq, hormis les concerts spéciaux avec orchestre, on pourrait regretter que ce Whoosh! ne soit pas plus développé en termes de mix, d’orchestration et autres pistes d’enregistrement, comme peuvent surcharger leurs albums certaines formations, les rendant du coup injouables sur scène sans bandes. En jouant au jeu du ”Vis ma vie de producteur”, sachant que dans deux ans, ils n’auront probablement plus les capacités de tourner dans ce registre, alors je leur dirai d’en profiter pour composer une dernière oeuvre très riche en instrumentations, du type Rock & Orchestre,  comme l’aurait voulu le faire Jon LORD si le Concerto For Group & Orchestra n’avait pas fait quelques distanciations en interne, … oeuvre conceptuelle éventuellement, peu importe. … Et hum, soyons fou, avec quelques légères interventions des Ex, une intro de guitare de qui vous savez, quelques parties parlées, voire des choeurs, façon Windows, The Butterfly Ball … Vu la technologie, plus besoin de se retrouver tous en studio pour quelques clin d’oeil, et donc à devoir gérer des égos. … On pourra dire là alors, que la boucle est véritablement bouclée ! Soyez encore fous, Messieurs ! Surprenez-nous jusqu’au bout !

 

Pensées Sympathiques : Ce site internet francophone DEEP PURPLE – La Maison des Légendes semblent lu par des centaines de mélomanes voire plus – on touche le millier parfois et cela progresse. La page Facebook vient d’accueillir son 350ème abonnés. Hey ! Comme le dit cette nouvelle chanson We’re All The Same In The Dark : ”Babe ! Ne veux-tu pas être mon ami ?” 😉 … Profitez de ce nouvel album pour inviter vos proches à suivre la page facebook et à partager leurs émotions musicales Pourpres ! La page commence à accueillir des italiens, allemands, belges, … bienvenus à tous ! Mais où sont les milliers de fans francophones qui remplissent les Zéniths ? Merci à tous !

Lire aussi le Titre par titre et autres Avis

1. Throw My Bones (1er extrait)
2. Drop the Weapon
3. We’re All the Same in the Dark
4. Nothing at All
5. No Need to Shout
6. Step by Step
7. What the What
8. The Long Way Round
9. The Power of the Moon
10. Remission Possible
11. Man Alive (2d extrait)
12. And the Address
13. Dancing in My Sleep

Mark VIII

Ian Paice   batterie

Ian Gillan   chant

Roger Glover   basse

Steve Morse  guitare

Don Airey   claviers

Production  Bob Ezrin

Label   EarMusic   //  Store Whoosh !  //  Amazon CD+DVD / LPs+DVD / Coffret

Sortie 7 août 2020

Retour sur la promo de Whoosh!

Retour sur la discographie de DP

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