HUGHES TURNER PROJECT – HTP

Un an auparavant, Glenn HUGHES et Joe Lynn TURNER vienent de participer à l’opéra metal Nostradamus du guitariste bulgare Nikolo KOTZEV pour qui ils interviennent aussi dans le projet BRAZEN ABBOT.

Si le troisième chanteur de DEEP PURPLE a déjà co-chanté avec le quatrième, le contraste réussi des couleurs vocales sur cet opéra, donne des idées de collaboration avec le cinquième.

Les deux acolytes ont des carrières chargées mais patinent un peu pour ce qui est d’intégrer à nouveau un super groupe, digne de leur talent et de leur parcours. Il faut dire aussi que le monde du Hard Rock sort à peine de sa gueule de bois d’après Grunge. Aussi, réunir ces deux noms dans un projet commun tombe à pic pour donner un nouvel élan.

Beaucoup ont révé de collaborations entre les ex-membres de DP, voilà leur rêve exaucé, même si ce n’était probablement pas la configuration qu’ils espéraient. En ce qui me concerne, la nouvelle fait l’effet d’une bombe. Si Glenn HUGHES aime à varier de styles, le répertoire de JLT suit davantage un cursus classique. Vu le pedigree, on peut s’attendre à une orientation musicale assez Pourpre avec quelques touches HUGHESienne.

Ce sera le cas sur les soul funky et réussis Sister Midnight, Better Man dont les mélodies s’imprégnent de suite, ou encore les très intenses et AOR limite prog Fade Away et On The Ledge dont le solo claviers à multiples sonorités, est probablement ce que j’ai entendu de mieux dans ma vie, dans un esprit très Keith EMERSON, et que j’aurai bien aimé que le DP de The House Of Blue Light invente ; Un esprit que l’on retrouvera sur l’album solo Resonate.

Quand on sait que Vince DiCOLA a composé pour les films The Transformers: The Movie, Staying Alive et Rocky IV entres autres, on prend alors conscience qu’on a du lourd ici. Etonnament à l’époque et même encore auourd’hui, je me suis senti bien seul à apprécier autant le travail créatif ici du claviériste. A croire que la blasitude est le pendant de la rouille chez les vieux fans. Puisque l’on ère dans la galaxie Pourpre, le parallèle HUGHES-DICOLA me renvoie au duo GILLAN-TOWNS tout aussi inventif et probablement trop en avance sur son temps. (J’y reviendrai dans la discographie GILLANnienne).

Donc aux allergiques du soul man, ne soyez pas inquiet : le chanteur-bassiste se fait plus aventureux que l’on ne croit, en puisant ici plutôt dans ses expériences AOR des Hughes/Thrall, Phenomena ou encore avec Manfred Ehlert’s et Geoff DOWNES (YES, ASIA), et essaie de sortir des sentiers battus Pourpre, même si il ne dépasse pas de trop loin les frontières. On appréciera d’ailleurs ses petites touches vocales légèrement en mode rap sur l’exquise ballade Heaven’s Missing an Angel sur laquelle ce motherfu%$er de John SYKES a bien voulu sortir de sa tannière pour un solo dont lui seul à le secret.

Vous rajoutez que Shane GAALAAS (MALMSTEEN, SCHENKER, JON ROTH, …) est derrière les fûts, alors, rien qu’à ce stade de la chronique, je me demande encore pourquoi vous hésitez.

D’autant que Pourpre un jour, Pourpre toujours ! Les deux hommes n’oublient pas l’héritage et font péter la poudre sur les Devil’s Road, Missed Your Name, Ride The Storm ou Run Run Run tout droits sortis des cuisses d’Highway Star et de Burn.

HUGHES qui est le principal chef d’orchestre de l’album, n’oublie pas d’aller sur le terrain de son Bro’ : la jolie ballade Mystery Of The Heart est la petite sœur de Street Of Dreams de RAINBOW et le single Hard Bluesy You Can’t Stop Rock’n Roll, prévu pour être un hymne à la sauce Long Live Rock ‘n Roll (hum!) mais dont le refrain répétitif sera la seule ombre à cet opus. Or, quand on sait que le solo est exécuté par l’immense Paul GILBERT qui vaut presque l’achat à lui-seul, cela compense sans souci. Néanmoins, votre serviteur préfère de loin au single choisi, le bonus japonais Against The Wall, hyper entraînantet qui ne devrait pas déplaire aux fans de TOTO ! Comme quoi, la famille Purple et le marketing, (thématique du livre), cela reste un ”je t’aime, moi non plus” perpétuel semble-t-il ? 

Evoquer les deux grands guitaristes, serait vite oublier le complice de HUGHES, le sous-estimé et pourtant hyper talentueux, JJ MARSH qui s’occupe de quasiment tout le reste. Il suffit d’écouter son solo sur Missed Your Name, appuyé par le décidément inspiré Vince DiCOLA pour mettre un coup de vieux au duo LORD-BLACKMORE de 1987 et 1993. On peut citer ce titre mais le guitariste suédois se fait toujours inspiré et varié : un guitariste qui mériterait une reconnaissance plus élévée dans la hiérarchie des gloires de la six-cordes.

Ere de parité oblige et surtout sens de la politesse, le complice de TURNER sera aussi convié pour deux solos hard bluesy : le japonais Akira KAJIYAMA, aux solos à tiroirs, sort de la veine BLACKMORienne. Autrement dit, derrière le duo de vocaliste, c’est quasiment l’armée Napoléoniene d’Austerlitz qui est là ! Tout simplement imbattable !!

Et nos deux vocalistes me chanterez-vous ? On pourrait s’attendre à un duel acharné à celui qui braille le plus fort. Ben quand on peut battre des records du monde d’octaves, on ne va pas se gêner Monseigneur ! Mais ces gens-là savent être fins, être modérés et laisser place à l’autre quand il le faut. La suavité est bien présente. Certes, beaucoup d’apprentis chanteurs (et même des confirmés) ont du se péter les cordes vocales à essayer d’aller aussi haut que ces d(i)eux-là, mais on ne parlera point de duel ici, mais plutôt d’un duo en osmose. Le contraste vocal fonctionne à merveille : la voix de l’un met en valeur celle de l’autre et inversement ! Le fameux feeling est le grand invité ! Ce sont deux cinq étoiles pour le même manoir !

Ce HTP est un pur régal qui modernise le cursus Pourpre, voire même la scène Classic Rock FM du moment et surfera largement au dessus des productions ”voisines” trop formatées, de l’écurie Frontiers ! Un album qui n’a pas été apprécié à sa juste valeur à mon sens !

Avec David COVERDALE, Glenn HUGHES avait offert à la planète, un des plus grands duos de l’histoire du Rock, il confirme ici avec TURNER qu’avoir un tel disque, est tout simplement une grande chance ! Précipitez-vous donc sur ce Rebord pour jouir pleinement du vertige !

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”Album qui sonne super !” Xav Musyk

Titres

1    Devil’s Road   (Hughes, Marsh, Turner)

2    You Can’t Stop Rock & Roll   (Hughes, Marsh, Turner) – solo Gilbert

3    Missed Your Name   (Hughes, Marsh, Turner)

4    Mystery of the Heart   (Hughes, Turner)

5    Sister Midnight   (Hughes, Marsh, Turner)

6    Better Man   (Hughes)

7    Heaven’s Missing an Angel   (Hughes, Marsh, Sykes) – 7:11 – solo Sykes

8    Fade Away   (Hughes, Marsh, Turner) – 6:55

9    Ride the Storm   (Hughes, Marsh, Turner) – solo Kajiyama

10  Run Run Run   (Hughes, Marsh, Turner)

11  On the Ledge   (Hughes, DiCola, Turner) – 7:12

Japan bonus

12  Against the Wall (Hughes, Marsh, Turner) – solo Kajiyama

Musiciens

Glenn Hughes – vocals, bass

Joe Lynn Turner – vocals

JJ Marsh – guitars

Shane Gaalaas – drums

Vince DiCola – keyboards

Invités

Paul Gilbert – guitar solo (track: 2)

John Sykes – guitars, backing vocals (tracks: 7)

Akira Kajiyama – guitar (tracks: 9, 12)

Production  Hughes, Turner, Mike Scott

Label  MTM Music  //  Amazon CD / LP

Sortie  6 février 2002

Voir aussi mon report HTP en Italie

Retour sur les discographies chroniquées de Glenn Hughes & Joe Lynn Turner

Album et bonus en écoute ci-dessous