DIRTY SHIRLEY

Album culte ? Cet album a toutes les caractéristiques pour devenir un album culte.

Pas de hits qui vous accrochent l’oreille de suite, un Hard Rock classique plus ou moins à la mode, plutôt moins même, une pochette clivante de Stan W DECKER qui rappelle les années 50 ou Tarantino, une époque où on zappe tout sans dire merci, et qui donc vous fera passer à côté … de compos hyper ficelées qui nécessitent plusieurs écoutes, … bref qui nécessitent du temps et le temps, on n’en a plus parait-il, comme nous le disent nos retraités débordés. On n’en a tellement plus que j’écris ma conclusion dans l’introduction en me demandant maintenant si tu vas lire la suite …T’es là ? T’es pas là ? … Si t’es parti acheter le disque, alors ça va …

Parce que ce sale disque convie le chanteur de demain et un guitariste chevronné. Ce jeune vocaliste culotté a le vent en poupe. Déjà connu pour ses reprises de Standards que je vous avais déjà présenté, Frontiers a eu la riche idée de faire chapeauter ce jeune fougueux à un Georges LYNCH expérimenté, probablement aussi par crainte de voir se perdre le serbe dans les oubliettes habituelles des vainqueurs de télé-crochet. Alors, après les duos formés par Frontiers du style ”les Jumeaux” (ALLEN-LANDE), ”La Belle et la Bête” (Toutes chanteuses avec un chanteur de Métaaaal), et après le Ronnie ATKINS-Erik MARTENSSON, voilà un second duo type ”L’Ancien et le Jeunot” avec Georges LYNCH ! Vous savez ? le.guitariste qui Brûlait Comme Une Flamme dans DOKKEN. Ce dernier présentera la nouvelle voix en ses termes élogieux : 

” Si Ronnie James DIO et David COVERDALE avaient eu un fils, il se nommerait DINO !”

Voilà c’est dit ! Je rajouterai un brin de Sebastien BACH et de Ray GILLEN. Musicalement, on baigne dans un Classic Rock des plus inspirés qui s’imprègne en vous au fil des écoutes : Higher vous rendra dingue avec sa mélodie sournoise tellement il triture la boîte à neurones. Les références sûres apparaissent sans plagier quoique ce soit. De BADLANDS, DIO (Heres Come The King), LED ZEPPELIN (Grand Master), SOUNDGARDEN (I disappear), QUEENSRYCHE (The Dying), BLACK CROWES (Dirty Blues) voire aussi un zest de RAGE AGAINST THE MACHINE (Cold)… on se laisse embarquer. Cet album est hypnotique bien qu’au départ, il pourrait ne pas accrocher vos oreilles si elles sont distraites ou si elles s’attendent à des compositions hyper mélodiques comme Frontiers nous en offre régulièrement. DEL VECCHIO sort de ses sentiers AOR mais sait se faire qualitatif, notamment avec ses claviers du plus bel effet sur The Dying. On ne baigne pas non plus dans du sous-DOKEN. Le seul point commun, est que Georges LYNCH délivre encore des merveilles d’accompagnements et de solos, démarrant parfois discrètement mais vous tatouant assurément (Here Come The King,  I disappear, Siren Song, Grand Master et son côté oriental à la PAGE-PLANT, …).

Le chant varié de la future référence de la scène Hard Rock, garantie tout risque de monotonie : le bluesy Voice Of A Soul porte bien son titre et dans lequel le guitariste flamboyant nous montre une facette bluesy et expérimentale, voire jazzy (Escalator For Purgatory) qu’on ne soupçonnerait plus après une telle carrière. A aucun moment, LYNCH ne cherche à tirer la couverture à lui. Mais comme un tableau de Maître que le quotidien nous blaserait de voir, on sent tout de même grandement sa présence et son aura dans la pièce comme un vampire planqué derrière la porte (Dis-moi si tu t’es retourné ?). Pointer ce duo qui semble oeuvrer comme s’il avait toujours bossé ensemble, c’est oublier la section rythmique qui fait un travail de … Maîtres Ferronniers.

N’ayant pas le talent d’auteur d’un Karlesauze (Usual Suspect film), je vous renvoie à mon introduction qui vous confirmera, que je fais de ce sale album, probablement un de mes préférés de l’année et qu’il n’y a même ici, aucune saleté à jeter … Sale album mais géniale idée que d’avoir associé le Jeune et l’Expérimenté ! Salement bon !

PS : A l’heure de cette chronique, le chanteur a depuis participé au Magnus Karlsson’s Free Fall (Frontiers) et nul doute qu’on devrait l’entendre dans divers projets comme son alter égo Ronnie ROMERO.

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Découvert sur YouTube, je me suis empressé de l’acheter et depuis il tourne sans arrêt. Un de mes albums de l’année.”  Josse Dubuisson-Vasbinder

Super album c’est vrai !!! ” François Lefevre

Précisions sur la pochette de Stan W Decker :

”La pochette très réussie de « Dirty Shirley » est dérivée du tableau ci-dessous typique de l’art Américain du début XXème. La pochette est super bien faite, car on reconnait le tableau ancien, alors que l’ambiance n’est pas du tout la même. Cela dit, dans un cas comme dans l’autre : l’ambiance n’est pas très bonne ! …
C’est très bien fait comme évolution :
– en 1930, tout est hyper net et ordonné, et on devine que les personnages travaillent beaucoup, dans les champs pour le Monsieur, à l’entretien de la maison pour sa fille. Mais leurs visages sont sinistres, puritains, bienpensants, sans bienveillance.
– en 2020, la maison est en mauvais état, pas entretenue. Toutefois les personnages ont toujours l’air sinistres, et même malveillants.” Catherine Louis

– Sans l’adorer, j’avoue qu’elle ne me déplait pas car elle a un côté dérangeant que je n’arrive pas à situer mais qui m’interpelle, un côté lugubre. Peut-être la fourche et le regard froid du couple m’invitent à imaginer un meurtre familial du couple complice ou un interdit … la fourche faisant contraste aux beaux costumes propres !?  … Le genre de secret de famille qui plombe bien les repas de Noël hahaha  ! La batte de base-ball modernise juste la toile mais conserve cette ambiance malsaine, appuyée par le regard peu tendre de la jeune fille, des ouvertures barricadées et de la tache rouge (de sang !?) …  Merci pour ces précisions Catherine (Franck AndFurious)

– J‘aime bien en effet votre analyse. Merci d’avoir accordé une place aussi importante à la création de la cover.’ (Stan W Decker)

Pour en savoir plus sur le peintre et le mouvement, consulter Wikipédia … et plus encore sur cette peinture analysée à la louche, voir Kazoart

”American Gothique” (1930) : Tableau de Grant WOOD // Pochette de Stan W DECKER

Musiciens

Dino Jelusick – lead vocals

George Lynch – guitars

Trevor Roxx – bass

Will Hunt – drums

 

Production Dino Jelusic George Lynch Alessandro Del Vecchio

Label  Frontiers // Amazon CD / 2LP

Sortie 24 janvier 2020

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Album et clips en écoute ci-dessous