QUEENSRYCHE Discographie chroniquée

 

 

 

 

 

 

Création : 1982

Pionnier du Metal Progressif

Charts : environ 20 millions d’albums vendus

Membres d’origine 

Chris DeGarmo – guitare choeur

Eddie Jackson – basse choeur

Scott Rockenfield – batterie

Geoff Tate – chant saxophone

Michael Wilton – guitare choeur

Départs majeurs 

Chris DeGarmo 1997

Geoff Tate 2012 remplacé par Todd La Torre

Scott Rockenfield 2020

Autres ex-membres 

Parker Lundgren, Mike Stone, Kelly Gray

 

**

Avant-propos 

 

QUEENSRYCHE est un groupe à part !

Il a su intégrer ses influences allant des BEATLES, PINK FLOYD, LED ZEPPELIN, JUDAS PRIEST, IRON MAIDEN, SAXON … saupoudré d’un des sons de Seattle, notamment avec un esprit Grunge beatlesié, … pour en faire une signature musicale unique !

Et qui dit musique exceptionnelle, dit chanteur exceptionnel ! Comme l’a dit l’ami Barjozo :

Geoff TATE un des 10 chanteurs hors sol de la planète rock!😎”

Pour une musique aussi forte et dense, sa voix puissante, haut perchée, et son lyrisme majestueux issu de sa formation en chant d’Opera, sublima ce son ! Cerise sur le gâteau, l’homme n’est pas dénué de charisme et d’un physique qui collait au propos musical ! Un groupe touchant donc la perfection dans son art. Si bien que ce heavy metal prog toucha la grâce, et fit de QUEENSRYCHE une des formations les plus classieuses du genre, voire la plus élégante !

Au delà d’un son, ils ont aussi pensé leur musique. Loin d’être un groupe voulant reprendre des standards et autres formats commerciaux, ils ont voulu conceptualiser leurs albums. Si bien que cette recherche artistique pour bien coller à leur propos du moment, fut à la fois leur plus-value mais quelque part aussi leur ”perte” quant ils s’éloignèrent trop de l’identité musicale qui avait fait leur succès.

Alors, au final, ont-ils eu tort de rester des artistes au sens de faire évoluer leur musique ou auraient-ils du reproduire à l’infini la formule magique des quatre premiers albums, sachant qu’il aurait été difficile de faire aussi bien ? Quasiment tous les groupes vivent ce dilemme. Mais une partie des fans n’aiment pas qu’on leur serve un repas chinois quand ils vont dans une pizzeria. La réponse se trouve en vous mais aussi chez le successeur de Geoff TATE qui s’efforce de fructifier l’héritage avec des albums plutôt réussis mais qui n’égalent pas le quatuor ! 

Bref quoiqu’il en soit, ce groupe ne mérite pas d’être oublié ! Il a eu le courage de se renouveler quasi à chaque album (comme DP). Et en cela, on peut saluer leur côté artistique qui mérite d’être défendu ! … même si on attendait d’eux qu’ils répètent leur formule des débuts si gagnante et majestueuse, comme le font des SAXON AC/DC, KISS sans ce côté majesteux …

Car n’oublions pas et quelque soit vos goûts, QUEENSRYCHE en sus d’être pionnier, reste à jamais un des rares groupes à avoir publié 3-quatre albums ayant le statut de chef d’oeuvre ! Amen !

 

 

Chroniques en quelques mots 

notation sur 5 :

1 Bof – 2 Passable – 3 Bon – 4 Très bon – 5 Excellent – … 6 Chef d’oeuvre

 

Acte 1

 

 

1983 Queensryche (EP) 4/5 

Vous en connaissez beaucoup, vous, des EP 4 titres qui peuvent être considérés comme des classiques ? Deux titres sont encore inclus régulièrement dans les set list ! L’intro vocale du titre éponyme rappellera les fans du Ian GILLAN qui balance son cri aigu galactique en introduction de Highway Star ! Alors vous pensez bien, que Geoff TATE tatouera lui aussi toute une génération de fans ! Déjà du grand art sous influence de MERCYFUL FATE!

1984 The Warning 5/5 

Les fondations de la classe aux ingrédients MAIDENiens et PRIESTiens ! Leur album le plus ”speed” metal !

 

1986 Rage For Order 6/5 

Chef d’oeuvre ! Lyrique, majestueux, il est difficile de ne pas l’écouter en boucle ! Totalement hypnotique ! La définition de la classe !

1988 Operation Mindcrime 6/5 

Probablement le premier album conceptuel du metal ! Beaucoup ont essayé de l’imiter (IRON MAIDEN, WASP, …)! ”Futur numéro Un” titrait en couverture Hard Rock Mag ! Legèrement plus brut que son prédécesseur tout en conservant ses joyaux, il est L’album-concept du Metal ! Épique, intense, hyper travaillé, il est en somme le The Wall du Metal ! Avec des choeurs qui sans les imiter, feraient palir de jalousie les 4 géants de QUEEN ; Suite Sister Mary est le Bohemian Rapsody du groupe de Seattle ! 

Cet album est la perfection incarnée en tout point de vue : une histoire cohérente + des titres variés et qui définissent à eux seuls les catégories de Hard-rock qui dominent alors : le Hard FM avec I Don’t Believe In You, le Speed Metal (Speak), le Heavy metal épique (Eyes Of A Stranger), le heavy fédérateur (Operation Mindcrime, Revolution), la ballade lyrique (Sister Mary) … des interludes qui donnent cette pointe de Prog et qui redonnent l’élan à l’album et aux morceaux suivants, aiguisant le suspense et l’histoire – à aucun moment, on a envie de zapper un instant de ce disque tant on est tenu en haleine – … et une production Top Chef !!! … 

Un nouveau chef d’oeuvre qui mettra une grosse claque au monde du metal ! Même Bruce DICKINSON aurait voulu créer une telle oeuvre avec MAIDEN, dixit ! Kerrang le classera dans les 100 albums essentiels d’Heavy Metal !

 

1990 Empire 5/5

Nouveau joyau qui revient à l’esprit de Rage For Order et bénéficiant de l’aura d’Operation Mindcrime ! UN 3ème chef d’oeuvre à qui j’ôte injustement un point, probablement à cause de la fin de l’effet de surprise. Leur album le plus vendu !

 

Acte 2

1994 Promised Land 5/5

Aïe ! Fin des titres speed et heavy metal qui apportera le désarroi chez les fans. Pourtant, cet album atmosphèrique, sombre, est une pure merveille pour qui veut se laisser imprégner, d’où mon hésitation à le maintenir dans l’Acte 1 pour sa qualité mais pas pour sa réorientation musicale. 

Qui dit atmosphérique dit empli de ballades (a capella, orchestrale, tous types de ballades y passent …). C’est un album rupture non dénué de charme, qui frôle le statut de chef d’oeuvre si il avait inclus 2-3 titres heavy. En somme, il est dans la démarche, l’égal de These Days de BON JOVI ! QUEENSRYCHE prend ici un énorme risque ! Gagnant pour moi ! Surfant sur le succès de son prédécesseur, Promise Land sera leur album le mieux classé dans les Charts US atteignant la 3eme place ! Mais soyons honnête : un classement probablement boosté par l’impact d’Empire et d’OM.

3 albums ! Quand l’ambition créatrice flirte avec le poussif !

 

1997 Hear In The Now Frontier 3/5 (+1 si t’apprécies le virage musical)

En plein Grunge, le groupe (s’interrogeant ?) avait mis 4 ans pour enfanter le réussi mais intimiste Promised Land. Toujours en plein Grunge, on aurait pu tout de même s’attendre au retour d’une touche de heavy metal, surtout avec l’explosion du metal Industriel ou d’un nouveau courant de metal Prog avec le carton de DREAM THEATER. Que nenni ! Le groupe s’appuie sur le producteur d’ALICE IN CHAINS pour explorer davantage le mélange Grunge, BEATLES, LED ZEP et un peu tout ce qui passe. Geoff TATE a du mal à nous présenter sa brillance avec cette production. Spool, par exemple, produit autrement, serait un classique. L’album qui contient 14 titres + 4 bonus est difficile à suivre. Peu de mélodies accrocheuses, un Mickael WILTON, garant du côté heavy du groupe mais disparu dans la composition, on ère dans tout ce que cette décennie a eu de pénible : du plaintif en veux-tu en voilà ! La production suit cet état d’esprit et ceux qui aiment ALICE IN CHAINS, NIRVANA, SOUNDGARDEN voire KING X apprécieront peut être. Pour les autres, cette frontière là est à traverser en choisissant bien ses bottes. Car évidemment QUEENSRYCHE reste QUEENSRYCHE : un groupe talentueux et à part. Aussi, en faisant sa sélection de titres, on arrive à réévaluer cet album trop long. 

On peut saluer le groupe d’essayer de se renouveler mais lui-même semble ne pas en être convaincu ici, au point de dissimuler son logo sur le verre (transparent) d’une bouteille au lieu de le présenter bien apparent en forme d’ombre sur le sable ; une pochette néanmoins réussie.

A écouter Saved, You, Reach, All I Want chanté par De GARMO, Hit The Black, Anytime Anywhere, Spool, Chasing Blue Sky (sur lequel TATE n’est pas loin de sonner comme BOWIE) … Ça fait tout de même pas mal de bons titres.

1999 Q2K 3/5 (+1 si …)

Le nom de l’album pourrait faire croire à un retour au heavy metal des années 80. Raté ! On reste dans la veine des deux prédécesseurs. Les deux premiers titres sans être indispensables, ouvrent bien l’album. Mais ce sera au milieu de celui-ci que l’on retrouvera quelques couleurs : When The Rain Comes (belle prestation vocale intense), How Could I Know, Liquid Sky, Breakdown, Wot Kinda Man, Howl et l’hypnotique Burning Man qui par son côté répétitif, tribal (saoulant ou captivant selon votre cachet), aurait pu convenir sur Tribe et à … KILLING JOKE. 

En fait, les compo et l’interprétation vocales sont encore bien là mais les fans peuvent être dubitatif quant à ce choix de production trop roots, alors qu’avec un peu plus de guitares électriques, ça passait crème. Les fans de LED ZEP habitués aux alternances hard, acoustiques et atmosphériques, pourraient aimer. 

 

2003 Tribe 2/5

Enfin ! Le groupe se décide de tourner de nouveau le bouton des amplis d’un cran … le temps de 3 titres seulement, puis après la jolie ballade intense (The Great Divide) retombe dans l’ambiance des albums précédents. (sic! Qui a dit ses travers?). Blood en est l’exemple type : la compo en elle-même est top ! Mais pourquoi avoir choisi un ton mélancolique au lieu de lyrique en plus heavy? Choix du producteur ?

Ce début d’album encourageant – Open ouvre bien mouarf – pourrait être la rencontre de LED ZEP avec RAGE AGAINST THE MACHINE (Desert Dance) ou U2 avec le hard rock (Losing Myself) ; et aurait pu faire de ce Tribe, l’album de transition entre la première et la seconde période du groupe. Desert Dance retrouve la flamboyance des débuts tout comme les power ballades The Great Divide et Rythm Of Hope. Mais le reste s’asseptise de nouveau dans cette ambiance dépressive que cette décennie Grunge nous a imposé. Ici encore, on a trop de ballades. C’est dommage car arranger en mode plus metal, l’album se tiendrait. 

Il devient assez incompréhensible qu’un tel groupe qui avait trouvé sa formule magique, la renie autant. Encore une fois, certains d’entre vous pourront défendre cette recherche artistique de se renouveler. 

Mais Justement dans cette formule 2, le renouvellement commence à s’essoufler puisque depuis Promise Land, le groupe répète cette ”nouvelle” formule. (C’est à cette époque qu’un album (direct) de SWEET OBLIVION aurait été bienvenu. (Lire plus bas))

Là aussi, c’est dommage car quand on nomme un album ”Tribe” et que l’on est autant ”politisé”, il y avait ici matière à innover via des rythmes tribaux de pays en difficultés socialo-economico-guerriers en s’inspirant par exemple des rythmes latino (SEPULTURA, ANGRA), orientaux (MYRATH), africains (JANO Band, formation éthiopienne), asiatiques, etc … Au final, le grouep ‘e semble pas allé au bout de son concept. Et quand on s’arrête en route d’une telle course, ca déraille !

Les autres fans donc, crééront leur compilation de titres.

2006 Operation Mindcrime II – 4/5 (3/5 pour le fan ”pop” ; 5/5 pour le fan de concept et musique contemporaine)

Longtemps réclamée par les die hard fans, on peut aussi penser qu’après quatre albums clivants, la maison de disque a du faire pression pour que cette suite voit enfin le jour.

L’exercice est casse-gueule tant le Un est parfait et a marqué une génération de fans et de musiciens. Alors deux options s’offrent à nous : Tomber dans le comparatif ? Et là vous ne pourrez qu’être déçus ! … Ou vous rappeler que QUEENSRYCHE s’est oublié en route depuis plus d’une décennie et de considérer cet album à un retour au heavy metal ? Et l’apprécier donc pour ce qu’il a à nous offrir de meilleur. Après tout, après ces 4 albums plus ou moins poussifs selon votre ouverture d’oreilles, attendions-nous encore quelque chose du groupe ?

Si vous êtes dans cette disposition d’esprit alors vous pourriez considérer cet album comme un très bon album, voire un nouveau chef d’oeuvre si il ne comptait pas quelques petites maladresses, comme par exemple, reprendre quelques mélodies du OM Un sur deux-3 titres (One Foot On Hell, l’intro de The Hands). Certes, on peut comprendre le clin d’oeil puisque c’est une suite mais cela nous remet automatiquement en mode ”comparaison”. Ce 2 se défendrait mieux si il avait plutôt développé davantage quelques bonnes idées (le final de Speed Of Light avec ses courts choeurs épiques qui, prolongés, auraient pu faire un final grandiose).

Car des titres comme Re-Arrange You est un nouveau joyau ; idem The Chase en duo avec Ronnie James DIO, qui rappelle ici à quel point l’ex-chanteur de RAINBOW, aurait du diversifier sa carrière en intégrant des Opera Metal ; il nous délivre avec Geoff TATE, un duo épique, magnifique ! La rencontre de deux Grands ! La ballade If I Could Change It All offre aussi un duo somptueux avec Pamela MOORE, dans lequel le solo bluesy est lumineux (trop court), tout comme les jolis choeurs que l’on aurait aimé entendre finir en explosion ; (bonne) frustration que l’on retrouve en suivant sur le court duo lors d’une Internationale Confrontation : une confrontation réussie mais que l’on aurait aimé là aussi explosive. A Junkie’s Blues par sa belle mélodie touche aussi, via sa montée progressive émotionnelle : c’est très bon mais cela aurait pu être fabuleux. Puis Fear City Slide par son riff rassembleur et son excellent solo thématique, aurait pu nous transporter mais TATE frôle le refrain ultime en privilégiant un côté punk à une option plus enlevée, lyrique et mélodique qui a fait sa renommée (Peter COLLINS : où es-tu ?). Le duo final en mode acoustique et avec un nouveau joli solo bluesy, conclut cette belle histoire dans la mélancolie et tristesse telle une oeuvre Shakespearienne.

Auparavant, le groupe a eu la bonne idée de démarrer par un I Am American speed au refrain punk qui permet de remettre les choses au clair, tout en apportant un nouvel ingrédient musical, le punk ; pas indispensable mais un intelligent opener vu le concept. Mais ce sera 9 minutes après le Play, durée un peu longue pour l’impatient, qu’Hostage nous fera rentrer dans le vif du sujet : celui de la mélodie QUEENSRYCHEienne qui rivalisera avec les classiques du Un, aux côtés donc des percutants Signs Say Go, Re-Arrange You, Murdered et The Chase ! Cinq titres qui remettent le totem au centre de la renommée du groupe et qui donc valent l’achat de l’album à eux seuls, surtout que le reste se défend (trés?) bien dont The Hands, One Foot In Hell,

J’avais peu écouté cette suite à sa sortie car déçu aux premières écoutes avec un état d’esprit probablement érodé par ces quelques albums précédents poussifs, et aussi un ”second” titre peu évident à sa première écoute (One Foot In Hell). 

Il faut dire aussi que la production mériterait aussi un remixage. Elle sonne (volontairement?) ”garage” ! Volontairement car ce choix peut se justifier par rapport au concept psychiatrique sur la manipulation d’esprits. La voix demanderait à davantage de clarté sous des guitares très (trop?) épaisses par moment. Des interludes qui font appel aussi à la musique dite contemporaine (le final de Circles, l’intro de All The Promises, …) qui, bien qu’ils servent très bien ce concept torturé, à l’inverse musicalement, freinent l’adhésion pour l’auditeur pressé (le zappeur?) qui recherche le côté immédiat des choses ; j’oserai dire le côté pop.

Le temps défilant les fils des souvenirs, des réécoutes remirent ma pelote au centre de ce totem. Et plus je l’écoute, plus je l’apprécie. Il ne manquait vraiment pas grand chose pour tutoyer les étoiles à nouveau … sans drogues.

QUEENSRYCHE semble avoir le défaut de ses qualités en voulant (trop?) coller à la dramaturgie et diverses thématiques sombres de ses oeuvres au détriment parfois de mélodies et d’une approche plus directe. Mais vous trouverez des titres si épiques qu’ils auraient du faire de QUEENSRYCHE un groupe de stade ! Bon sang ! Ce Re-Arrange You ne vous quittera pas le cerveau : une preuve de plus, de manipulation cérébrale ! Mais celle ci, on s’y soumet volontiers ! 

Epilogue : Concernant les relations internes, Mickaël WILTON, guitariste, se plaindra de l’emprise du couple TATE sur le groupe, de son exclusion dans la composition, se voyant rejeter ses propositions.

2007 Take Cover (non notable car album de reprises)

 

2009 American Soldier 4/5

Après un OM2 plutôt convaincant bien que clivant, sous l’impulsion de Jason SLATER et Geoff TATE, fils de militaire, la formation (ou plutôt le chanteur) renouvelle son envie de concept album. Le chanteur s’investira jusqu’à aller interviewer les militaires.

Malgré des enchaînements titres heavy et nombreuses ballades, on retrouve ici un album plus compact que ces prédécesseurs. On retrouve même d’entrée, le cri aigu et si pur du maestro. 

Cet album est une réussite et manque de peu la note maximale. Il ne manque que 2 titres speed ou épiques pour l’obtenir. 

2011 Dédicace To Chaos 2/5 (1/5 pour le puriste de l’acte1)

Après deux albums aux thèmes sombres et exigeants, malgré son titre, la ”légèreté” semble de mise cette fois, si bien que ce Dedicace pourrait être un très bon album solo car il s’éloigne du cadre de QUEENSRYCHE ; un cadre que Geoff TATE ne cesse de repousser.

All We Need Is Love” chante le leader sur Around The World, c’est dire la bascule. Le ton musical lui se fait davantage mainstream. Des pointes de rock à la BON JOVI, U2, ROLLING STONES et de Rhythm & Blues style chanteuses actuelles de R&B, RIHANNA et consorts, … font face au chaos … ou l’y plonge le temps des premiers titres ? 

Heureusement la ”face B” avec At The Edge, I Take You, Retail Therapy, … The Lie (parce que je suis en manque : il faut s’avaler ses ”lalala” insupportables) et une jolie ballade (Big Noize) pour laquelle Geoff TATE retrouvera sa splendeur, rappelleront tout de même le son de la grande époque. Pour le reste, le groupe se ”diversifie” toujours et encore musicalement, quitte à perdre son identité car il faut être ici fan des groupes cités pour soutenir cette ”dédicace”. On croirait ici un album de reprises, hommage (d’où le terme ”dedicace”?).

Son seul mérite est de revenir à une certaine ”simplicité”, à ce côté direct. Mais le chaos ne semble plus être dans l’idée d’un concept album mais dans la conception même des compositions. Un disque qui sent la fatigue, les démo rejetées et recyclées, l’album contractuel … Et qui ferait un correct EP 4 titres ! 

 

Conclusion 

L’acte 2 a vu le départ d’un Chris de GARMO qui s’est déclaré vidé artistiquement, même si à la demande de la maison d’édition, il fera un retour éphémère dans la composition. Geoff TATE choisissant son remplaçant et les producteurs, puis demandant à sa femme de manager le groupe, verra petit à petit le trio historique se faire discret au niveau des crédits et de la production ; une situation que l’on imagine générer des tensions internes. Les maisons d’éditions vont se succéder, signe d’instabilité commerciale.

Quelques altercations en tournée finiront de scinder le groupe en deux et de décider le limogeage du chanteur et sa famille, et avec eux du guitariste Kelly GRAY et du producteur compositeur Jason SLATER. 

Le trio recrutera Todd la TORRE (CRIMSON GLORY) pour un retour au son d’origine. Un acte 3 de qualité mais qui n’atteindra pas à ce jour le niveau de l’époque dorée… Mais combien de groupes arrivent à faire mieux qu’à son âge d’or ? On saluera La TORRE de maintenir le totem debout notamment après le départ (non officiel mais réel) du batteur Scott ROCKENFIELD.

QUEENSRYCHE aura eu le mérite de chercher à se renouveler artistiquement (ce qui est à saluer), parfois au point d’oublier son ADN (moins bien) et de se laisser aller à son influence PINK FLOYDienne. Quoique que vous ressentiez, il reste un groupe à jamais original qui nous aura délivré plusieurs chef d’oeuvre … et un immense chanteur ! 

Epilogue

2013 Frequency Unknow 4/5 (qui flirte avec le 5/5)

Avant son limogeage, Geoff TATE avait commencé à travailler sur le successeur de Dedicace To Chaos. Suite à l’imbroglio juridique sur la propriété du nom du groupe, il sortira ce disque en compagnie de Jason SLATER et Kelly GRAY puis d’invités dont Simon WRIGHT (ACDC, DIO) et Rudy SARZO (OZZY, WHITESNAKE)

On retrouve ici un album de bon aloi. Des compositions comme Cold, … In The Hands Of Gods (énorme performance vocale), Running Backwards, Live Without You, Everything (qui flirte avec le statut de hit), Fallen,… ne devraient pas décevoir les fans. La flamboyante power ballade, The Weight Of The World, à situer entre PINK FLOYD et LED ZEPPELIN avec un magnifique solo tout en progression à la David GILMOUR (sans le son de sa guitare), clôture un album très réussi, qui dévoile ses atouts au fur et à mesure des écoutes.

Si le trio licencieur ne fait pas la publicité de cet album, absent de sa page Wikipédia et de son site officiel (mais pas de sa chaîne YouTube), je ne serai pas loin de le considérer comme le meilleur de l’Acte 2 du groupe. Les conditions trouble et une certaine lassitude des fans, ont certainement estompé la qualité de cet album, qui mérite donc d’être défendu. Geoff TATE, y délivre encore de belles performances. Il ne manque peut être qu’un titre speed et/ou un hit puissant pour que le rassemblement (des fans) soit total !

Que l’on aime ou pas sa volonté d’innover, quitte à s’éloigner un peu trop des rivages du Royaume, Geoff TATE délivre encore une oeuvre tout aussi percutante que sa pochette … réussie. 

A noter que cette équipe a réenregistré en bonus quelques classiques dont l’intérêt est purement commercial tant les versions orginales sont parfaites. Quitte à réenregistrer, ils auraient mieux valu qu’ils s’attaquent à quelques titres de Hear The New Frontier et Tribe

 

Le désormais ex-membre donne sa version des faits sur la séparation ici 

https://www.rollingstone.com/music/music-news/qa-geoff-tate-on-queensryches-ugly-split-backstage-brawl-in-brazil-102316/

 

Pendant ce temps, le trio ”mutin”, aura gain de cause quant à la propriété du nom. Petit à petit, Todd la TORRE va devenir le nouveau leader, composant énormément et même jouant de la batterie suite au départ de Scott ROCKENFIELD, laissant désormais Eddie JACKSON et Mickael WILSON, seuls membres d’origine.

 

Geoff TATE is OPÉRATION MINDCRIME (2015 – 2016 – 2017) 3/5 x3

Geoff TATE prendra alors le nom d’OPÉRATION MINDCRIME, le temps de trois albums où sa créativité ne cesse d’impressionner même si elle s’entête majoritairement vers l’esprit d’un PINK FLOYD (sur)vitaminé. Le guitariste Scott MOUGHTON y délivre d’ailleurs de très belles pièces (Healing My Hounds, Invincible, …). Certains interludes peuvent noyer les heavy metalleux impatients mais la technologie peut leur laisser le soin de créer leur playlist. Car si TATE compose moins de titres heavy, quand il en compose un, c’est en général de la bombe ! (Re-Inventing The Future, Taking On The World …). Les fans auraient donc torts de s’en priver tant l’oeuvre du chanteur est dense et de qualité. Trop dense ?

Néanmoins, l’impact auprès des fans reste relatif sur ce concept.  Il faut dire que pour ma part, un concept album nécessite une grande disponibilité d’écouteS. Or, parfois, le cerveau a besoin de se reposer, et donc besoin d’une alternance entre albums complexes et albums directs. Alors quand on ne fait qu’enchaîner les concepts, on finit par user l’auditeur même si celui-ci peut admirer et reconnaître le travail. 

Le label FRONTIERS lui proposera alors avec l’aide de compositeur ”maison”, un retour aux sources, un retour à une certaine simplicité, avec le projet 

 

SWEET OBLIVION (2019, 2021) 4/5 x2

Sous l’impulsion de Simone MULARONI (DGM), Geoff TATE retrouve musicalement une certaine vitalité ; ainsi que la raison qui a fait le succès de QUEENSRYCHE. Deux albums de qualité, et heavy, qui raviront les fans ! Son seul petit défaut : cette petite absence d’âme des concepts FRONTIERS, égratignée par quelques ficelles de compo un peu trop similaires à la grande époque et qui renvoie à mon reproche de l’Operation Mindcrime2. Là où on pouvait tolérer cette similitude sur l’OM2 car cela pouvait se justifier, la ficelle glisse moins quand il s’agit de FRONTIERS. D’ailleurs, n’aurait-il pas comme un paradoxe de rejoindre ce label qui respire le billet vert avant les notes bleues, quand on publie des oeuvres condamnant la manipulation !? Entendons-nous bien : Il n’y a pas de honte à faire de l’argent mais quand c’est fait de façon qui frôle la contrefaçon, ça pose question sur l’éthique !? Mais laissons l’éthique de côté à l’heure où on élit et re-élit des justiciables. Car ces deux albums tiennent bien la route et flirtent avec le 5/5. Ils raviront les fans de Rage For Order et d’Empire

Simone MULARONI y apporte inspiration et modernisme (bien que je ne sois pas convaincu que ce son de guitare logiciel convienne à QUEENSRYCHE dont le propos très humanisé, nécessite un son plus organique?). On peut même apprécier quelques (rares) touches de clavier qui rappellent son groupe italien sans, rassurez-vous, travestir l’identité du ténor.

Malgré la qualité de ces deux opus, il est probable qu’il n’y ait pas de suite !? Car si ce projet a sorti le chanteur d’une impasse, quelle interprétation peut-on faire de cette situation qui lui impose un autre compositeur quand on connait l’implication créatrice de TATE et son dogmatisme qui l’a fait se faire virer de QUEENSRYCHE ? Quel est le message du label? ”Tes compo ne sont plus fédératrices, donc on a recruté quelqu’un pour t’aider, te remplacer”? Car à de rares exceptions, le chanteur, sous-mixé, semble vocalement en roues libres. Comment donc a-t-il vécu ce projet ? Sa succeptibilité a-t-elle accueilli ce projet comme une offre revitalisante ou comme un camouflet à son talent de compositeur ? Lui seul le sait ! 

Car on reste quelque part frustré malgré une qualité indéniable de ces albums qui aurait fait d’autant plus de bien, notamment en les alternant avec ceux de QUEENSRYCHE : un album direct puis un album concept … Parfois, la magie ne se joue pas à grandchose ! Malgré ces détails frustrants, ces deux albums, qui auraient mérité un zest supplémentaire d’investissements, restent bienvenus et rafraichissants !

 

 

Dernière minute

Geoff TATE annonce un Operation Mindcrime 3 pour mai 2026

 

Reporting 

Geoff TATE 2025 PWOA Torreilles-Perpignan

Geoff TATE 2022 Seyssinet-Grenoble

 

Acte 3 période Todd La TORRE

Artistiquement, ce QUEENSRYCHE reviendra à un son plus heavy, s’efforçant de respecter l’acte 1 et d’en retrouver la qualité. 

Petit à petit, Todd LA TORRE prendra les rênes du groupe, de façon plus ou moins forcée devant le degré d’implication variable des autres musiciens. Le batteur finira par partir amenant même le … chanteur a enregistré ses parties de batterie sur un album. 

Digne successeur, bien qu’il n’ait pas ce p’tit truc de plus vocal et charismatique qu’a son prédécesseur, il s’efforcera de maintenir l’héritage à flot. 

Quant à Mickaël WILTON qui se plaignait de se voir refuser ses propositions, on aurait pu croire qu’il aurait pris la main. Mais la laissant à son nouveau chanteur et en observant sa discographie solo, faible tant en terme de quantité que de qualité, on peut s’interroger quant à son réel apport dans la composition et production … !? 

Au final, on pourrait conclure par l’adage : ”un seul être vous manque”. Mais même l’intéressé (Chris De GARMO) a compris humblement en se reconvertissant pilote d’hélicoptère, qu’il ne pouvait pas offrir mieux et/ou retrouver cette alchimie exceptionnelle qui surgit entre 5 musiciens en un instant T ! 

Merci tout de même pour cette oeuvre magistrale !

Franck