C’est environ 3 à 400 personnes qui seront venus saluer et … admirer une des dernières légendes de la guitare des années 70, encore en activité. Il faut dire que le look psychédélique soixante-huitard de l’ex-SCORPIONS colle bien avec cette ville du surf.
Mais on peut tout de même s’inquiéter sur la transmission culturelle vu la moyenne d’âge élevée de l’audience ; une inquiétude appuyée aussi sur l’interdiction de filmer !
On sait la gêne que cela peut occasionner quand cette pratique, à laquelle j’avoue contribuer, est mal maîtrisée par un certain abus et une masse trop … massive ! Mais à défaut que les salles puissent filmer leurs shows, on peut reconnaître que ces vidéos amateurs, resteront un témoignage pour les générations futures et pour la jeunesse actuelle non encore ”éveillée” au sujet, mais qui pourra l’être dans quelques années. Le débat reste ouvert.
Uli Jon ROTH, lui a, depuis toujours, su respecter le patrimoine, … au moins musicalement. En effet, on connait son admiration pour Jimi HENDRIX et la musique Classique. Aussi, c’est en deux parties que sa soirée se présente.
Une premier partie Classique suivie d’une partie Rock !
Il démarrera seul, appuyé par un grand écran … et un sample d’orchestre pour la partie Classique.
Le fait de ne l’avoir jamais vu, m’a permis d’apprécier ce premier set, qui, avec une blasitude, me serait apparu clichesque. En effet, au delà de samples qui me deviennent de plus en plus insupportables quelques soient les artistes (on veut du live, pas des bandes ; sinon autant rester chez soi à regarder un dvd), ce sera le son très élevé de cet orchestre fictif, couvrant un peu trop le son magique de la guitare, qui m’agacera le plus.
Et puis, reprendre les hits trop convenus des MOZART (La Flûte Enchantée) et autres célèbres compositeurs période pré-ampli, n’aideront pas à me faire passer la pilule d’un set qui, si il pouvait avoir tout son sens dans les années 70-80, frôle le kitsch aujourd’hui ; surtout quand des Ritchie BLACKMORE, Yngwie MALMSTEEN ou Patrick RONDAT, ont aussi bien fourni l’exercice.
Heureusement, ce set sera assez court. Et pour la seconde partie axée sur l’album Virgin Killer 50th, on verra investir la scène son groupe habituel depuis une bonne dizaine d’années désormais ; soit un guitariste soliste, une claviériste choriste, un batteur, le bassiste chanteur, assisté par une choriste : une belle équipe… sans samples ! Ne me demandez pas leur nom, le site officiel dédaigne les citer.

Même si on voit le boss lancer quelques regards réquisitoires vers ses acolytes (son guitariste de fils) sur 2-3 moments, l’équipe est bien huilé ! Réquisitoires mais cool, quand lui-même s’amusera de sa guitare qui se désaccorde.

Au-delà de ce son de guitare si pur, ce qui est appréciable dans son jeu, c’est sa capacité à gérer les silences … et donc les accélérations et autres moments forts. (“Yngwie : si tu nous lis …”), ce qui fait toute la force de ses mélodies. Virtuose ? il l’est toujours ! Quel jeu, quel son ! Le tout adoubé par une gestuelle majestueuse !
Et ce qui frappe aussi dans ses compositions de l’ère SCORPIONS comparées à celles du groupe après son départ, c’est ce groove à part ! Car après les pépites de Virgin Killer, quels titres groovent plus chez SCORPIONS que les We’ll Burn The Sky et autre The Sails Of Charon ?


Au chant, on peut imaginer que rivaliser avec Klaus MEINE est un calvaire. Mais Niklas TURMANN s’en sort très bien même si une choriste l’appuie dans les aigus. Car cela fait au moins depuis 2015, qu’il convainc Uli et le public.

Rappelons qu’Uli avait fait appel à Nathan JAMES. Mais ce dernier n’avait pu s’engager sur le long terme, pris par INGLORIOUS, ICONIC et le TRANSIBERIAN ORCHESTRA. Là où c’est plus surprenant, c’est qu’il n’ait pas prolongé son partenariat avec John M.WEST (ARTENSION, ROYAL HUNT, …) !? Guitariste aussi et surtout chanteur d’exception à la voix proche de … Klaus MEINE et Glenn HUGHES, il oeuvre désormais dans un quasi anonymat dans des tribute band depuis … 15 ans au moins.
Or, beaucoup dont votre serviteur, le considérait comme un des 3 meilleurs chanteurs de sa génération dans les années 90-00 avec Jorn LANDE et Russel ALLEN. Aussi, sans faire ombrage à Niklas TURMANN, WEST est d’un niveau plus élevé. Déjà, il n’aurait pas besoin d’une choriste.
Mais surtout, d’origine indienne, il s’était totalement approprié la partie vocale d’incantations sur The Sails Of Charon (voir YouTube). De plus, sa tenue d’indien collait parfaitement avec celle d’Uli ! Artistiquement, c’était parfait ! Et donc les raisons de l’arrêt de leur collaboration sont ailleurs !
A ce sujet, on remerciera les fans … qui ont filmé sa collaboration avec Uli (cf YouTube) ; vidéos amateur qui restent donc un témoignage à conserver, d’autant qu’il y a peu de vidéos sur cet excellent chanteur !? Fin de la parenthèse !

Malgré donc quelques petits bémols bien mineurs, on aura vu une légende, un virtuose mélodiste comme on n’en fait plus et qui honore le (meilleur?) répertoire de SCORPIONS, que le célèbre groupe lui-même n’honore plus sauf à quelques rares exceptions (et encore, j’ai du mal à me souvenir lesquelles et quand ?). Alors même si ROTH a quitté le groupe depuis 1978, estompant les mémoires du public français (et espagnol), le fait que nous vivons la fin d’une époque, aurait pu (du?) rameuter un peu plus de mélomanes ! Les absents ont donc eu tort !




Par contre, le groupe de première partie, STAN SILVER BRAVE PUPPIES, ne laissera pas un souvenir impérissable.
Son rock country semblait décalé avec le style de la tête d’affiche. Et surtout ne semblait pas au niveau des centaines de formations du même genre que l’on a pu voir lors de concerts gratuits organisés par des Comités des Fêtes (N’y voyez rien de péjoratifs). La voix si (trop) coutumière du genre, nasillarde et plate, m’invitera au bar.
Le chanteur Stan (LAUREL) n’était pas si HARDI … me souffle ”Stéphanie” ! Bref, j’imagine que les fans du genre auront un autre avis que le mien qui a peu d’affinité avec le dit genre.
Le lendemain matin, un groupe de rock prog grungy répétait dans les bâtiments voisins … et pour le peu que j’en ai entendu, aurait mieux fait l’affaire.

Franck pour Mémoire de Concerts


