DEEP PURPLE Splat! – chronique

Second album de la Mk IX ! 6e avec Bob EZRIN … Et soyons aussi vif qu’un gamin qui plongera ses deux pieds dans une flaque d’eau : plouf ! … Splat! est un excellent album de … Rock ! …avec une pointe d’un Rock Progressif que le MARILLION de FISH n’aurait pas désapprouvé.

Introduire en soulignant cette Mark9 et le fait que DP ne fait plus vraiment le hard rock qu’il a initié (In Rock), est volontaire !
Comparer avec le passé à n’en plus finir ne sert à rien, et encore moins quand on a 80 ans, … qui au demeurant ne s’entend pas trop.
DEEP PURPLE nous a tellement habitué aux changements en tous genres en 60 années d’ouvrage, qu’ils banaliseraient presque leurs talents et rendraient chèvre les conservateurs les plus érudits. Et même si quelques passages rappelleraient ce passé … c’est du présent que l’on va souligner ici. Et apprécier!

 

=1, par l’arrivée du guitariste irlandais, Simon MC BRIDE, avait réintroduit un côté immédiat et britannique dans le son du groupe. Ce ”changement” avait enchanté les fans de Ritchie BLACKMORE, moins adepte de l’approche Jazz Fusion Prog’ de son prédécesseur, l’excellent Steve MORSE. Pourtant, à bien écouter, si MCBRIDE est un adepte de Gary MOORE, on retrouve beaucoup de plans de Steve MORSE.
C’est donc avec un nouvel enthousiasme et une certaine ”fraîcheur”, tout en restant dans l’esprit maison, qu’était attendu un successeur à ce premier disque. Relativisons néanmoins ces termes car ce serait vite oublier le nouvel élan qu’avait aussi généré Steve MORSE, notamment pour l’album Purpendicular, puis Bob EZRIN pour l’album Now What!?.
Splat! est dans la (bonne) continuité de =1 (hormis le visuel) avec ce petit supplément de complicité cimenté de deux tournées et d’un premier album.

 

ARTWORK

Déjà cela commence par un visuel du plus bel effet qui rappellera les grandes heures de notre adolescence.
J’avais été peu loquace sur le ”pâle” design de =1 et pour cause. Mais pour celui de Splat! => Wahou ! 🤩🤩 ! Il est juste magnifique !
Je pensais que le designer ne ferait pas mieux que ceux de InFinite et Whoosh, j’ai fait plouf !

Sublime et diversifié, on va pouvoir passer des heures à l’admirer et à s’évader dans un imaginaire, propre à chacun mais aussi orienté par les paroles et la musique, comme au bon vieux temps des disques.

GILLAN évoque les 70′ pour cet album ; et je réalise qu’il y a (encore) un visage incrusté dans la roche de cette île volante, ou plutôt 5 ”visages” sur l’ensemble des designs du coffret ; 5 visages à la fois moderne, robotisés, mais aussi ancestraux par leur ressemblance avec les statues de l île de Pâques … le tout sur fond bleu ! …
Alors, on fait le lien avec ce bleu et visages d‘In Rock, puis entre Guilt Trippin’ et Bloodsucker !

GILLAN a précisé que le concept était une discussion entre DARWIN et DIEU, faisant une sorte de bilan de leur œuvre, et donc le lien entre passé et présent !
Le visuel est donc déjà une grande réussite. Beaucoup d’artworks de pochettes de Prog vont en être jaloux … Il postule pour être un des plus beaux de l’année ! 👌✌️ Tout simplement ”Splatifiant” ! 😁💪💜

 

MUSIC

 

On savait McBRIDE et AIREY, très complices pour avoir déjà oeuvré ensemble en solo, mais ici c’est une orgie de solos et de riffs en tous genres, parfois plusieurs dans le même titre … Enormes !!! Ces deux là se sont lâchés, se renvoyant les invitations comme à la grande époque, et le comble, en arrivant à captiver l’auditeur de bout en bout.
MCBRIDE n’a pas LE son des grands mais il fait preuve d’une créativité peu commune, même si il se sert du job de ses prédécesseurs.

Arrogant Boy en donne un bel aperçu et se rapproche de l’aura du solo d’Highway Star. Rien que ça ! … ou de ceux de Cascades et de Well Dressed Guitar ! Rien que ci ! 🙂
Le solo ? Mais aussi le riff ! Frissons garantis ! Dave MUSTAINE, fan de BLACKMORE devrait acquiescer, surtout que cette rythmique va faire hurler les Speed Metalleux. C’est clair : on tient là un nouveau classique ; un nouveau solo légendaire, ni plus ni moins !!
C’est aussi sur Third Call où il est hallucinant de feeling.
Tout du long de l’album, il alterne avec brio shredding, lyrisme, blues, et espièglerie (Jessica’s Bra), … et ce parfois dans le même solo, sans que cela fasse fourre-tout et n’importe quoi. Non ! Il a réussi à ”simplifier” le propos de son prédécesseur américain, (surtout le côté gras de la rythmique), tout en approchant son excellence (sans égaler le son de ses soli).
GILLAN promotionne l’album du côté de la période d’or, mais pourtant je ne compte pas les plans MORSEiens qui sont repris ici. Pour exemple, le titre éponyme, Splat! n’est qu’un gros plagiat de Back To Back … figurant sur l’album … Rapture Of The Deep (tiens donc !).

Avec Don AIREY, avec qui l’irlandais s’amuse, on tient là (encore) un album d’une haute musicalité. Ce n’est jamais lourdingue et c’est là que l’exploit se révèle. Dans l’esprit de la création du monde, son intro sur Guilt’ Trippin‘ me fait imaginer de l’eau, source de vie, qui s’écoulerait en pianotant !?
On saluera aussi son adaptabilité aux paroles (Darwin/Dieu) lorsqu’il inclut en introduction de son solo sur The New Movie, un extrait de ”Jesus Que Ma Joie Demeure” de Jean-Sébastien BACH ; extrait qu’il incluait déjà dans ses soli en concert. (Merci à l’amie Catherine Louis pour ses précieuses connaissances en musique Classique ; elle m’a permis de vous citer cet air connu mais dont je ne me souvenais plus, ni le nom ni le compositeur).

Le claviériste n’a que le défaut de ne pas reproduire le son si original de Jon LORD ; son qui a contribué au succès du groupe et à se démarquer de la concurrence. Pourquoi tant délaisser l’orgue Hammond ? Certains titres s’y prêtaient pourtant !? Bref …

Le remix récent de l’album Rapture Of The Deep, qui a revitalisé l’album, démontre que cette frontière entre job convenable et excellence, peut être fine parfois et se jouer à un détail ; une frontière impitoyable qui vous fait passer un album du statut de ”seulement” bon à légendaire.

Comme le ressent le chroniqueur Corse (lire sa chro en cliquant sur le lien en fin d’article), cet album ne regorge pas d’autant de classiques qu’In Rock et Machine Head – Il en contient déjà 3 voire 4, ce qui n’est pas déjà un mince exploit – Mais ce qu’a de plaisant cet album, c’est qu’il s’écoute d’une traite avec l’invitation jouissive de le réécouter aussitôt la 13e plage close. Et ça, c’est le signe des grands albums.

Même certains titres que l’on pourrait considérer comme moins indispensables (Sacred Land, The Beating Of Wings ou Scribblin’Gib’Rish) s’invitent, bien que je ne sous pas certains que ceci résistent à l’après période d’excitation de la nouveauté.
Malgré ces 3 titres moyens, cet album diffuse néanmoins dans son ensemble, une sorte de parfum addictif.

 

Et puis, il y a le génie de ce groupe. ; ce génie qui fait qu’un de ses membres va sublimer un morceau que l’on pourrait considérer comme moyen, et nous le rendre indispensable.
Les deux solistes déjà cités, Ian PAICE arrive encore à sortir de sa lampe. Ici, il n’aura jamais autant alourdie sa frappe ; ce côté métronome que l’on apprécie chez les AC/DC ou STATUS QUO, tout en conservant la classe Pourpre. Il y a désormais du Cozy POWEL dans ce PAICEY-ci, même si il conserve ce fabuleux swing qui lui est propre ! Ce ”Tchink Pack” si jouissif ! (excusez cette onomatopée peu inspirée).
On sait depuis toujours que Ian PAICE n’a pas besoin de solo ; que ses parties dans un même morceau se suffisent à elles-même (remember Burn, You Fool No One, entre autres …). Alors essaie de t’éclater avec son jeu si jazzy et rock à la fois sur Third Call (son final), The Lunatic, … ou ce rythme quasi à contre-temps sur The Rider.

Roger GLOVER est le second socle. Sur le titre éponyme, il n’est pas loin de nous refaire le coup génial de l’intro d’Après Vous, avec une ligne de basse des plus veloutées et hypnotiques. Fantastic !

Génie ? Il est clair que le Ian GILLAN des années 70 et 80 voire 90, aurait exploser cet album de toutes ses modulations et hurlements en tous genres, de toute sa brillance. Car rappelons que Ian GILLAN interprète rarement deux titres de la même façon. Car là où il reste lumineux, c’est dans l’actoring.
Ian GILLAN ne chante pas ! Il joue ! Il incarne ! Il l’Est ! … Faut il rappeler le Concerto, Hallelujah, Jesus Christ Superstar, Child In Time, Place In The Line, No Laughing In Heaven, Bad Attitude, The Long Goodbye, No More Came On The Brazos, … ? … Il est Monsieur Univers ! Il est Dieu !
Et si sur Guilt’Trippin‘, on suspecterait l’usage de l’Autotune avec le doublage de sa voix sur tous les couplets façon Bloodsucker – car peut-il encore réellement chanter aussi haut ? (oui voir les concerts report Pampelune) mais aussi longtemps sur un phrasé ? (le doute est plus que permis là par contre!?) – que dire de son interprétation d’un feeling inouïe sur Third Call ?
Sur le solo, Pépère Dieu ose fredonner l’air en mode relax, comme toi et moi le ferions dans notre cuisine, (lui de façon juste évidemment). Mais qui oserait enregistrer ça? Personne! Lui le fait! Et le pire, c’est que ça marche ! Les frissons m’envahissent à chaque fois ! Ian GILLAN pue la classe, même encore à 80 balais ; cela en devient presqu’indécent ! Ce type est un génie qui a été touché par la grâce à la naissance ! Il nous explique encore ici la définition du pur feeling ! Pas besoin d’octaves, pas besoin de puissances ou de techniques vocales hallucinantes – ça, il l’a plus que démontré dans ses grandes heures – il nous explique ce qui est le plus dur à expliquer et produire : la simplicité ! (Arrogant Boy, Diablo, …) Et … ça devient purement magique !
Quand je l’entends fredonner ce passage en mode cool attitude, j’entends ma mère dans la cuisine, je m’entends moi dans le jardin, je t’entends toi dans ta voiture, j’entends cette jolie femme sifflotant sur son vélo dans sa jolie robe d’été … Ce passage rappellera automatiquement quelqu’un de ton entourage fredonnant …
Fredonnons donc ! D’autant qu’il remet ça mais avec une autre attitude sur le final de Diablo ou sur The Lunatic. Brillant ! Son acolyte parolier, Roger GLOVER devrait lui composer un titre du style, The Dandy Crooner.

Question mélodie, il sera difficile d’échapper à celles de The Rider, The Only Horse In Town (Un Strange Kind Of A Woman légèrement FMisé), My New Movie, ou le couplet de Diablo, entre autres.
Ce type a un talent … universel ! Il a su adapter son âge à son art ! Vous n’aurez pas besoin d’un ”Troisième Appel” pour en être convaincu ! DARWIN peut en être fier ! Amen!

Au passage, ce disque dans sa cool attitude et ses mélodies accrocheuses dont lui seul a le secret, me rappelle son album solo Naked Thunder.

Artistiquement donc, on pourrait disséquer chaque note de cet album, tant il est harmonieux de bout en bout. Avec eux, une chronique titre par titre s’invite à chaque fois tant les chansons s’écoutent sous plusieurs niveaux. Mais telle pour la pochette, je vous laisse découvrir les auras de ce Splat!

Quelques pistes néanmoins ! Liens entre passé et présent donc ! Les racines !
The Rider sorte de Madison, nous renverrait à l’instrumental Green Oignons complété de paroles mais heureusement modernisé par une louche de claviers Prog’.
Le heavy et celtique Sacred Land (Terres Sacrées) pourrait aussi donner une version intéressante par SAXON, même si ici l’esprit est à THIN LIZZY, irlandais oblige ?.. que dis-je? à DEEP PURPLE !
The Beating Of Wings est une ballade, la seule de l’album, où se rencontreraient Mistzy Dupree et The BEATLES.
L’enjoué Jessica’s Bra rappelle la légèreté d’un Johnny’s Band.
Third Call demarre tel un R’n’R’ convenu puis sa progression fait dépasser toutes les attentes, notamment par un McBRIDE et un AIREY impériaux et à la limite du Prog’ jusqu’à ce que PAICE explose le tout.

Le trio de singles, vous le connaissez : il est juste ”Big Banguesque” ! 

Alors inutile d’aller plus loin dans les descriptifs de ces 13 titres ; laissez-vous porter !

 

Autre signe de réussite : A l’exception de la reformation en 84, je n’ai jamais lu autant de médias français s’intéresser à un album du groupe.

Il y a certainement plusieurs raisons à cela dont une est que DP est le dernier groupe “metal” des 60′ encore en activité. Mais assurément parce que la qualité est toujours là … même si elle ne l’a jamais quitté malgré les hauts et les moins hauts.

Certains préféreraient que le groupe arrête ! Au nom de quoi ? Ils viennent de nous proposer (encore) un grand album … probablement un des albums de l’année !

Certains disent que c’est leur meilleur album, le plus compact ou abouti, depuis Machine Head ; d’autres depuis Perfect Stranger, Purpendicular ou Now What!? … Le constat est que si il y a désaccord dans le comparatif, il y a unanimité dans le qualitatif ! Et c’est là l’essentiel ! Cela démontre surtout que cet album a su prendre la bonne substance de chacun de ces opus.

 

Cet album fait du bien ! Tout simplement ! A l’heure où cette minorité de névrosés qui nous dirigent, cherchent à diviser les gens pour assurer le pouvoir de leur médiocrité et celui de leur caste, et à casser la colonne vertébrale de nos civilisations, apprécier qu’un groupe aussi agé diffuse encore une musique d’aussi bonne qualité, réconcilie les générations entre elles, les gens entre eux ; des Papy Boomer comme eux, je veux encore en rencontrer ! 

Alors, quand ils arrêteront, on se demande bien qui pourra proposer une telle musique ? Alors merci de continuer ! …
Et ça tombe bien, il paraît qu’un troisième album serait dans les ”splatosphères” du groupe !?
Que Dieu et … Darwin vous gardent !

                     Champagne !

Ps :
Pour la première fois, DEEP PURPLE invite un musicien à enregistrer avec eux. Keith URBAN vient taper un double solo à la guitare, ce qui nous fait jouir d’une joute démoniaque sur Diablo avec Simon McBRIDE et Don AIREY.
Bien que ce soit un homonyme, voir mon nom dans un album de mon groupe préféré, va-t’il impacter mon arrogance ? Voilà bien une question “Splatosophique” ! Splouf !

A noter

une erreur d’impression dans le coffret : Gulit Trippin’

 

Franck Urban pour

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Facebook MémoiredeConcerts

 

Titres – ma notation

Arrogant Boy – 6/5 🤩🤩🤩

Diablo – 4/5 🤩

The Rider – 4/5 🤩

The Lunatic – 5/5 🤩🤩

The Only Horse In Town – 5/5 🤩🤩

Sacred Land – 3/5

The Beating of Wings – 2/5

Guilt Trippin’ – 6/5 🤩🤩🤩

Scriblin’ Gib’rish – 2/5

Jessica’s Bra – 4/5 🤩

Third Call – 5/5 🤩🤩

My New Movie – 4/5 🤩

Splat! – 2/5 

Site officiel 

Production DEEP PURPLE & Bob EZRIN

Label EARmusic

Sortie 3 juillet 2026

 

Invité 

Keith URBAN

Mark IX

Ian PAICE batterie

Ian GILLAN chant, harmonica

Roger GLOVER basse

Don AIREY claviers

Simon McBRIDE guitare

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