Pour la majorité des gens, ce nom ne dira pas grand chose. Mais pour ceux qui ont vécu les années 80, celui de Terence TRENT D’ARBY rappellera quelques hits et danses amoureuses.
A l’époque, après le carton de son premier album (1986), beaucoup le destinait à être le pendant des Mickael JACKSON et PRINCE, rien que ça ! Et c’est vrai qu’il avait tout pour ! Probablement la plus belle voix du genre !

”Mais” au milieu de chansons de pure Soul Pop aux effets universels, se sont ajoutés des ingrédients Gospel, Funk, Rock, Hip hop, Trip hop et même Latino (We Don’t Have That Much Time Together) et parfois des orchestrations Classique .. ainsi que des arrangements ou intro plus complexes, que l’on classifieraient dans la Musique Contemporaine ou Jazz moderne (Roly Poly ou le final de Undeniably) ou le Psychédélique, quand on ne sait pas où les référencer.
Certains de ces apports ont ”cassé” une immédiateté pour l’assimilation du public radiophonique, moins investi et plus zappeur que le public d’albums ; ce dernier acceptant le fait que certaines oeuvrent nécessitent un effort personnel et plusieurs écoutes afin de se fondre dans l’univers de l’artiste.
Ce mélange de genres est surtout vrai à partir du 3ème album, même si le second commençait à diversifier le propos ; le premier, lui, présente une seule ligne ”éditoriale” musicale, d’où peut-être son immense succès : plusieurs millions de disques vendus.
Car il s’agit bien d’un artiste et non d’un interprète à la mode. Sananda MAITREYA compose tout et joue de quasiment de tous les instruments. Ces alternances de styles sont donc sa propre volonté créatrice et non celle d’un business formaté.
Vous ajoutez à cette diversité musicale, une diversité… vocale, et le zappeur pourrait ne pas reconnaître deux titres de ce même interprète tant il module sa voix à volonté.
En effet, à l’époque, formée au Gospel, sa voix était cristalline, Soul, proche de celle d’un Stevie WONDER et d’un Mickaël JACKSON, à laquelle il ajoutait déjà des parties plus éraillées, plus bluesy à la James BROWN ou Wilson PICKETT. Une sacré plus-value et une sacré prouesse technique qui aurait pu faire soupçonner que TRENT serait le prénom d’un jumeau 😄.
Difficile donc pour un public à l’esprit éparse d’identifier l’artiste !
Alors, comme c’est souvent le cas pour un chanteur aux multiples registres, le succès s’est fait davantage élitiste et moins pécuniaire, même si beaucoup de musiciens aimeraient avoir son palmarès qui suivra, dont celui d’auteur de B.O.
Et c’est pour définitivement s’éloigner de la pression du succès de ce premier album (création de son label), et pour assumer sa versalité musicale, qu’il décidera de changer de nom, 15 ans plus tard pour son 5e opus.
S’éloigner aussi en tous points car il ira vivre en Italie, s’y marriant et venant avec une équipe de musiciens et de techniciens italiens (le concert sera filmé).

Alors si le vaillant et historique Café de la Danse n’a plus plus rien à prouver, sa modeste capacité d’audience à 500 personnes maxi, démontre que l’artiste a ”réussi” sa seconde vie plus anonyme, à fuir la célébrité ; son talent et répertoire devraient pourtant le voir investir des salles 10 fois plus conséquente. Alors, il sera peu surprenant de constater une salle quasi complète.
Les présents seront ravis de cet état, pouvant profiter d’une proximité visuelle et sonore que les grandes salles limitent.
Seuls les moments où la légende s’asseira à son piano sera une épreuve visuelle pour les gens du fond. Il faudrait surélever la parcelle.
Vocalement, il est toujours incroyable d’entendre cette variabilité, et surtout ce fond sonore aigu de sa voix pourtant sur des passages éraillés.
Car le set se fait principalement avec voix en mode abrasive ; seules quelques ballades, au piano, nous offriront sa voix d’ange. Evidemment à 64 ans, sa facette vocale juvénile (à la MJ) s’est quelque peu estompée mais la technique demeure. Et les frissons ne se font pas rares, quelque soit ses modulations.
Trois de ses musiciens assureront des choeurs parfaits, notamment pour les parties aiguës. (Ouf ! Pas de samples ! Merci !)

Il est bon aussi de souligner le respect du public qui fait silence sur les parties quasi a capella piano/voix, nous laissant ainsi jouir de cette voix en Or si rare ! Pas de braillards stupides ! Le pied ! Merci !
La soirée se sera déroulée en deux sets avec une courte entracte de 10mn, puis un rappel (Voir set list).

Il n’y a pas grand chose à redire sur cette soirée si singulière, trop heureux d’avoir pu voir cette légende du R&B. Mais c’est parce que c’est rare qu’on tatillonnera sur 2-3 points :
L’artiste partira sans saluer la foule, laissant ses 4 musiciens le faire (sciatique?) – toutefois au préalable, il aura salué oralement la salle et la France (il jouera aussi à l’historique RockStore de Montpellier) ; le backdrop aurait mérité un plus beau design, notamment ses deux logos cerclés agrandis (des écrans semblaient utilisés dans d’autres salles) ; et enfin une p’tite jam sur un titre funky n’aurait pas été de refus.
Bref seulement des broutilles d’autant que l’on pourra se satisfaire à nouveau avec un prochain DVD.

Le merchandising proposera le TS à 35€.

Epilogue
Retour au camping l’oeil droit dans l’obscurité totale, l’oeil gauche aveuglé par des spots paradoxalement … aveuglants, marchant d’un pas ferme, je me serais gamélé en arrivant au camping. Mon pied a buté contre un plot que je n’avais pas vu dans l’obscurité : je me suis étalé de ton mon long 🤣. avec un ”p’tain” en bande son 😁… Les lunettes ont aussi volé … 🙄 Mais pas de casse ! 😁
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