Ritchie BLACKMORE is RAINBOW

Bien avant que Tony Stark ne balance sur les grands écrans du vingt-et-unième siècle son fameux ”Je suis l’Homme de Fer”, Ritchie Blackmore, lui sera encore moins modeste avec son fameux ”je suis l’Arc-En-Ciel” (carrément!).

En 75, Deep Purple arpente les routes mondiales avec le grupetto des ”maillots jaunes” affirmés de l’époque. Aussi, c’est au plus fort de sa renommée que le guitariste décide de sortir ce qui est censé être son premier album solo. Pour cela, il embauche le chanteur de ELF, remarqué en tournée quand ce groupe faisait les premières parties du Pourpre. Mais le chanteur négocie l’embauche de ses partenaires, à l’exception du guitariste bien entendu. Blackmore accepte, peu regardant et un peu paresseux pour chercher des musiciens pour ce qui était il y a encore quelques mois auparavant qu’un projet parallèle, une récréation à DP. Le meneur a déjà quasiment tout écrit, dont quelques titres proposés pour DP, mais refusés par les autres. Aussi, tout est prêt, il n’y a plus qu’à filer en studio pour tout enregistrer.

Musicalement, on est loin du hard rock tellurique d’IN ROCK. On se situe plutôt vers une certaine décontraction à la WHO DO WE THINK WE ARE avec un zest de classe de MACHINE HEAD, quelques crans qualitatifs en dessous. Si DP a déjà abordé la musique classique, ici le guitar-héro veut aller plus loin en abordant le médiéval déjà aperçu avec SOLDIER OF FORTUNE. Aussi si cette approche apporte un vent de fraicheur et va même initier un nouveau mouvement appelé le néo-classique, cet album semble avoir assez mal vieilli si on le découvre aujourd’hui.

Pour moi, lors de ma découverte dans mes années ado, il s’agit d’un must dans laquelle le nouveau feeling Blackmorien et la voix ensorceleuse de Ronnie James Dio font des merveilles en mon bon pays. N’est-ce pas Alice ? (ok je sors) Mais j’aimerai bien avoir l’avis de quelques jeunes d’aujourd’hui. Car si à l’époque, MAN ON THE SILVER MOUNTAIN fait office de nouveau BLACK NIGHT coupé à du SMOKE ON THE WATER, au point que le génie chanteur en fera son hymne en solo, j’ai aujourd’hui du mal à retrouver mon grand enthousiasme évident d’alors, même si ma nostalgie me piquera à un certain plaisir encore. Ce qui est bon reste bon, mais la concurrence d’aujourd’hui en font pour ma part une antiquité au charme certain, mais antiquité tout de même.

Si en plus, cet hymne est quasiment le seul vrai titre hard rock de l’album, on peut imaginer qu’il faudra alors faire appel à un peu d’ouverture d’esprit. Mais après STORMBRINGER, on est paré. C’est donc du rock sans hard (et sans funk ni soul) et avec du médiéval qu’il faudra donc s’ouvrir les écoutilles. Et elles s’ouvriront avec grand plaisir sur SELF PORTRAIT, SNAKE CHARMER, SIXTEENTH CENTURY GREENSLEEVES, THE TEMPLE OF THE KING et sur la magnifique ballade CATCH THE RAINBOW qui vaut à elle seule l’achat du disque, ou plutôt celui d’ON STAGE pour sa version live magnifiée. Blackmore va aussi marquer son empreinte avec un titre instrumental ; S’attaquer à STILL I AM SAD des YARDBIRDS n’est pas anodin pour insinuer qui est le véritable boss et le vrai d’Artagnan du trio de mousquetaires Beck, Clapton, Page. Plus marrant la reprise de ce BLACK SHEEP OF FAMILY, refusée par le duo Hughes-Coverdale préférant composer un WHAT’s GOING ON HERE très voisin … quand on compare la faible différence, il y a de quoi sourire aux splits d’alors pour les soit-disantes divergences musicales. C’est un peu comme ces sujets qu’on prenait très au premier degré quand on était plus jeune, ou à chaud, mais qu’on préfère taire désormais tant on sent le motif de querelles bien dérisoires aujourd’hui, voire un peu honteux.

Ce disque, important à l’époque, moyen aujourd’hui (?), sera donc le premier du duo Blackmore – Dio. Le magicien guitariste aura donc le mérite de définir plus précisément le Néo-classique et de nous faire découvrir, après celle de Coverdale, encore une superbe voix, celle d’un nouveau Grand.

Les contemporains d’alors nous préciseront si ce choix de date de sortie nationale était une prière à Marie (et non Alice) de succès commercial, ou un choix commercial d’une grande enseigne Parisienne pour bénéficier d’un jour férié ? Quoiqu’il en soit, cette date lance une nouvelle carrière qui amènera l’Homme en Noir, devenu désormais multi-colore, vers quelques 50 millions, non pas d’amis, mais de ventes de disques avec ses 8 albums Arc-En-Ciel !

 

Venez donner votre avis sur facebook, ils en ont déjà dit :

” C’est le son qui a vieilli… avec une re orchestration de groupe, l’album pourrait encore voyager sans problème… par contre, cela demanderait un sacré taf, donc du temps et donc… Au chant c’est carrément du challenge mais pourquoi le faire alors que 3/4 accords + un chant tout aussi niés suffisent à contenter la plage… Ce château aura toujours sa part de mystère et son arc en ciel mais il est à l’état de celui de Montségur aujourd’hui,  sauf pour les gens qui aiment encore le craquement du 33 tours évidement :)” Laurent Pineaud

 

***

Producteur Martin Birch, Ritchie Blackmore, Ronnie James Dio

Label Polydor Records

 

Avec

  • Shoshana : chant

 

À l’exception de deux titres, tous les morceaux ont été composés par Ritchie Blackmore et Ronnie James Dio.

Man on the Silver Mountain

Self Portrait

Black Sheep of the Family (Steve Hammond) – reprise Quatermass

Catch the Rainbow

Snake Charmer

The Temple of the King

If You Don’t Like Rock ‘n’ Roll

Sixteenth Century Greensleeves

Still I’m Sad (Paul Samwell-Smith, Jim McCarty) – reprise Yardbirds