Glenn HUGHES Play Me Out

18 juillet 1977 Glenn HUGHES Play Me Out

Actualisons le bidule ! Du plus jeune au plus vieux, cet album pourrait être un de ceux de Justin TIMBERLAKE, JAMIROQUAI, Georges MICKAEL ou Stevie WONDER.

Profitant d’une ”pause” du Pourpre, Glenn Hughes réalise son rêve d’une carrière solo qu’il aurait aimé avoir s’il ne s’était pas englué dans les substances maléfiques, à savoir oeuvrer dans la soul funk ! C’est simple : on ôte tout ce qui sonne rock ici ! exit les guitares de TRAPEZE et place aux cuivres et choeurs féminins pour baigner dans l’esprit Motown, voire Stax avec un zest de modernité de l’époque.

De plus, le chanteur va se laisser à quelques imitations vocales de son idole qu’est le chanteur black aveugle. Quelque part, c’est bien dommage tant il est meilleur vocaliste. Heureusement, ces intonations nasillardes empruntées ne seront qu’épisodiques et sa suavité prend souvent le dessus. Alors ici, les fans de la Mark II qui ont pointé du doigt le chanteur bassiste comme principal coupable d’avoir dénaturé le son de DP avec STORMBRINGER et même la mort du groupe, qui à cette époque n’était pas officialisée, vont profiter de ce disque extra-terrestre, pour définitivement le juger hérétique à la religion Pourpre. Ce n’est pas tout à fait faux, mais ce n’est pas aussi évident que ça si on étudie bien la discographie DPF (voir le livre).

Quoiqu’il en soit ce disque se déguste pour ce qu’il est : un excellent album de soul funk non dénué de créativité avec ses changements de rythmes ou ces gimmicks intrépides. On n’est pas loin de se perdre parfois d’ailleurs. Mais tel un chat, on retombe sur ses pattes groovy. Bien que je ne sois pas un spécialiste de ce genre là, j’oserai tout de même croire que cet album a un quelque chose de novateur et d’unique qu’on ne retrouve nulle part ailleurs, pas même chez les JACKSONS FIVE.

Et ça commence par cette intro a capella, à peine soulevée par quelques murmures de slide, pour démarrer ensuite sur un rythme latino cuivré inattendu, qui va vite se voir remplacé par un rythme funky, sur lequel la voix platine s’envole, portée par ces choeurs féminins exquis. Il existe une photo de Glenn sur son lit. Avec ces choeurs, on l’imagine vite roi au milieu de créatures de rêves sur ce I GOT IT COVERED, avec toutefois une vocaliste qui ne laisse pas sa part (vocale) aux autres. Le genre de clip qu’on pourra voir quelques années plus tard.

Cette ”pop” soul n’est pas dégoulinante, elle est même espiègle avec son lot de créativité voire d’originalité. David BOWIE devait le produire dixit le futur ex-membre de DP, mais on se demande bien ce qu’il aurait pu apporter de plus à cette pop délire : SPACE HIGH et ses violons spatiaux ou ces vocalises de cosmonaute ; ou un LA CUT OFF complètement barré mais excellent si on rentre dans le délire ; ou encore un SOULUTION empli de profondeurs et de variations hallicinantes. Et même si YOUR LOVE IS LIKE A FIRE se veut le titre le plus dansant, le plus consensuel frôlant le EARTH WIND AND FIRE sans le côté disco, il y a tout de même une petite pointe de musicalité espiègle qui souvent ne passe pas le cap des radios trop conventionnelles. Mais si ce solo de saxo ne vous rappelle pas le solo de dingue d’URGENT de FOREIGNER avant l’heure, moi je dis qu’il faut que je change de sonotones. Et que dire de la suavité qui se dégage des ballades de IT’S ABOUT TIME, I FOUND A WOMAN ou SMILE et qui ne peuvent laisser insensible. Un délice !

On met souvent l’accent sur cette immense voix, mais ne pas oublier ces fabuleuses lignes de basse, souvent funky, parfois jazzy, toujours exquise … et aussi que, malgré le coup de main sur un titre de ces deux ex-acolytes de TRAPEZE, Mel GALLEY et Dave HOLLAND, ou encore de Pat TRAVERS comme ”simple” intervenant, il aura tout composé jusqu’à même les quatres bonus, davantage dansants, qui viennent moderniser la version remastérisée. Quand on entend la richesse musicale de ce 33t, on ne peut qu’applaudir des deux mains et des deux pieds !

Avec donc ces cuivres et cette vocaliste qui vient seconder le capitaine, qui pourtant n’en a pas besoin, on sent vraiment une harmonie et un bien-être tout le long de ce voyage aventureux mais dans un vaisseau où on se sent sécurisé.

Ce disque est complètement barjeot et réussi le pari d’expérimenter tout en restant cohérent et accessible. Même les plus grands n’auraient osé se laisser aller à autant de prospections et d’aventures et ce avec autant de réussites créatrices (sur le rendu musical, je ne parle pas sur le plan commercial). Qu’en aurait pensé James BROWN ?

Si cette bombe n’était pas sortie juste avant la destruction du Punk et l’engouement-engluement du disco, et dans un contexte négatif pour lui lié à DP, je reste convaincu qu’elle serait reconnue comme une référence à l’égal des grands album du genre et même du mainstream.

Si Hughes n’avait pas sombré, de tous les artistes cités en intro, il aurait mis tout le monde d’accord, d’autant plus avec son joli minois.

Du grand Glenn ! Un Grand tout simplement ! Probablement le plus grand artiste de soul pop ! PLAY ME OUT ! Il me plait bien oui !

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Line-up + Track list chez Wikipedia

Venez le commenter sur son article destiné sur Facebook ! Certains en ont déjà dit entre autres choses :

Mon album préféré de Glenn. Un pur chef d’œuvre, un ovni musical, on est totalement transporté, le bonheur ! ce chef d’œuvre reste inégalé. Devant être produit par son copain David Bowie, qui le qualifiait de “roi de la soûl blanche”, il est totalement intemporel et magique !” Alain Rabiat

“C’est perdre le fil de la magie Blackmore que de considérer Stormbringer comme hérétique à cause de l’influence Glenn Hughes. C’est aussi courant pour les jeunes musiciens à propos de Deep Purple, ces standards ultra connus, principalement Machine Head, une connotation si l’on y pose le doigt pédagogiquement dessus envers l’apport néo classique dans le rock et… fin de l’histoire ? Ben non justement. C’est un pied de nez à ceux plus sensibles à des courants Soul,Funk avec une évolution voulu autour d’une remise en question du genre “on a plus rien a prouver mais est ce que pour autant que l’on va tourner en rond ?”. On connait les préférences d’influences Blackmore, il s’en ait jamais caché mais le Mr il est capable de les mettre à ce genre de sauces et d’y être surtout (!) carrément brillant! C’est pas une légende c’est une réalité autant sur le papier à musique qu’à l’oreille… Du feeling, ça groove, la fusion des divers courants musicaux fonctionnent dont peux peuvent se targuer dans l’approche et en suivant sur la qualité… Pour un musicien comme pour les mélomanes ce n’est pas le nombre d’ampoules sur scène qui doivent faire oublier ce genre de performances bien plus spectaculaire à propos de musique.” Laurent Pineaud

T’as tout compris ! T’as tout dit ! j’essaierai de copier ton post quand le tour de la chronique de Stormbringer viendra ! 😉 Merci pour ce post si clairvoyant et ouvert” Franck AF LMDL

 

 

 

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