Glenn HUGHES Paris Elysée Montmartre 06/11/2018

2 reports : un résumé actualisé et celui, beaucoup plus long du lendemain du show

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Résumé actualisé

Etonnament, ce concept me laissait perplexe ! Le fait de rejouer quasiment note pour note les concerts de 74 à 76, jusqu’à reprendre les mêmes jams ne m’a guère enthousiasmé et ce malgré des solos de haut niveau. Blasé ? Evidemment je me suis amusé, moi le fan de la Mark III & IV. Mais, j’ai surtout été très admiratif de la façon dont le chanteur a bataillé contre sa voix à cause d’une début de grippe qui aurait pu lui faire annuler le show ! un sacré pro : respect !

Lex Koritni, que je retrouvais live, 11 ans après l’avoir fait jouer le temps d’une autre vie en tant qu’organisateur, a présenté un set chauffe salle en acoustique bien plaisant avec sa voix rauque qui a atteint la maturité par des modulations bienvenues ! Bonne soirée dans l’ensemble !

November 06, 2018 Paris Elysée Montmartre! Surprisingly, this concept puzzled me! play almost note by notes concerts from 74 to 76, until resume the same jams I was not enthusiastic and despite high-level solos. Jaded ? Obviously I had fun, I was especially very appreciative of the way the singer fought against his voice because of a flu outbreak that could have made him cancel the show! a sacred pro: respect! Lex Koritni presented a warm room set in pleasant acoustics with its hoarse voice that has reached maturity! Good evening overall!

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”Je suis allé le voir a Chauny dans l’Aisne : super concert !” Philippe Auxietre

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Report du lendemain

Je ne sais pas si vous aviez regardé des vidéos amateurs de la tournée, notamment quand The Voice explose ses poumons, non pas sur ses aiguës “habituels”, mais sur ses parties blues d’écorchés vif.. L’artiste se livrant dans des performances hallucinantes, sans la moindre économie, je me suis dit qu’il finirait aphone s’il continuait comme ça, surtout à son âge. Alors de peur que cela lui arrive vraiment, je ferai le déplacement de Pau.

L’hiver arrivant, le chanteur se pointe donc à Paris avec un chat dans la gorge. Etonnamment, ce ne sont pas ses aiguës surpuissants qui en pâtissent, mais ses graves. Aussi le chanteur déjà réputé pour ses notes hauts perchées extra-terrrestres, compensera par elles quand par moment, la voix se fera capricieuse. Ce qui agacera fortement l’artiste qui ne voudra pas céder à ce rhume, et s’époumonera comme si de rien n’était comme un jeune homme.

Beaucoup aurait annulé le show ou du moins toutes parties a capella, enfin, pour le peu de chanteurs qui s’essaient à cet exercice sans filet. Certains auraient préférés “RATT_er” * ce concert, voire chanter en playback, d’autres se seraient faits gestionnaire pour les dates à suivre, mais lui, non ! Il est de ceux qui ne s’échappent pas au front. Et même si ses prestations a capela seront écourtées, il faut voir la bête lutter jusqu’au bout, s’irritant de cette voix qui fuit par moment pour la relancer aussitôt et contre toute attente. On le croit devenir aphone après chaque note. Lui balance la sauce, tel un roseau, pliera mais jamais ne désarmera, forçant l’admiration de tous qui lui feront ovation sur ovation. De le voir se bagarrer avec sa grippe reste une performance unique qu’il fallait voir ! Au final cet inconvenient fut la force du show pour ceux qui aiment ces facettes du live, à savoir accepter les imperfections pour tenter d’atteindre la magie.

Glenn Hughes est The Voice. Et même diminué, il emporte tout doute, tout scepticisme et compte maintenir sa suprématie ; en un mot : Respect Monsieur !

Rien que le voir donc se démener à fond sans compter, balaye toute envie de souligner les conséquences vocales de cette grippe. Mais il est vrai que les hymnes que sont Sail Away, Keep on Moving en ont quelque peu pâti, ainsi que certains passages par-ci par-là, sans oublier un ingénieur qui aurait pu sonder son travail ailleurs dans la salle que de son siège, tant le son laissait à désirer par endroit.

On aurait pu conseiller d’adapter la set-list, voire de faire une partie du set en acoustique comme le fit tres bien Lex Koritni venu sans son groupe, mais tout de même accompagné de deux comparses à la guitare et au tambourin.

Un set de première partie fort agréable qui mit en valeur la super voix puissante et éraillée de l’australien. En rajoutant peut-être une troisième guitare et quelques choeurs pour donner plus de consistance à un set exclusivement acoustique, qui eut un moment de faiblesse vers les ¾ du show, il devrait développer le concept en live, qui lui permettrait de proposer ainsi une autre facette de son talent, bien que ces titres là, sont aussi présents en acoustique sur ses derniers disques. Un bon set qui pourrait donc être optimisé.

Point donc de guitares sèches pour Glenn Hughes et son guitariste depuis 10 ans, Soren Andersen ; des guitares sèches qui auraient probablement accentué les soucis vocaux du bass-héro qui a retrouvé sa chevelure d’antan et une élégance rarement mise à défaut durant cette longue carrière.

Car quel drôle de concept que ce GH Performs Classic DP !? Ceux qui me connaissent savent combien je vénère l’ancien acolyte de David Coverdale et les Mk III et Mk IV, et quelque part on ne peut être qu’heureux de découvrir pour les plus jeunes et redécouvrir pour les « Pierrot François Ponpon Philien »**, ces classiques de la période 74-76. Mais en parallèle, si on se laisse aller à la blasitude, il y a quelque chose de gênant à voir d’autres musiciens que les originaux, jouer note pour note ces standarts, jusqu’à même reproduire les jams et solos des maitres Blackmore et Bolin.  On aura droit à Blues et tous les gimmicks sans que cela sonne à l’identique malgré le talent indéniable des musiciens présents, mais qui auront du mal à effacer le souvenir des aînés.

Le principe même de Purple étant les improvisations, aussi, on se retrouve là avec l’étiquette, mais pas forcement l’âme du Pourpre. Et j’avoue que je n’aime pas écrire cela. Certes, Hughes reste une caution sure. Mais le malaise perdure sur Getting Tigher, trop long et joué sur quasiment chaque tournée et qui pourrait être remplacé par un inédit scénique. Ce funk est le funk par excellence. Or pour moi, le funk est la définition même de la jam, du groove, d’une certaine énergie. Aussi, la difficulté vocale du soir n’amène pas trop à la danse d’autant que les musiciens jouent comme des photocopieuses, hormis le bassiste qui délivre son solo avec toujours un aussi grand enthousiasme. Les musiciens et le public se sont éclatés majoritairement, mais on est loin de la fougue du Resonate Tour à Vauréal un an plus tôt, dont la version de Getting Tigher fut une des plus dingues que j’ai entendue. Quitte à respecter l’esprit 70’s, pourquoi ne pas sortir un peu de cette set-list du mythique Made in Europe copiée de A à Y, jusqu’à reprendre même Georgia in my Mind dans une version plus posée et donc plus belle ce soir, et nous proposer à la place, des Coming Home, Gypsy, Holy Man, This Time Around, etc… ? Et que dire de Mistreated, maintes fois joué, ici sans âme, la faute à des musiciens qui ne sortent pas des sentiers battus. Une impro qui rejoue une impro, ça a la couleur de l’impro, mais ce n’est plus de l’impro. Comme le public de Kiev, on aurait aimé jouir de la présence de Bernie Mardsen pour briser ces consensus, lui qui a délivré la plus belle interprétation guitaristique sur le mythique live de Whitesnake. Mais même lui a du subir la présence du pourtant agréable et sûr Soren, lui imposant de suivre les rails en twin guitares, lui qui avait su s’en émanciper en 1980. Que penser aussi de cette version rallongée de You Fool No One, diffusant les solos de chaque acteur bien bavard, assez virtuose mais qui n’apporte rien au final, finissant par lasser, telle une bagarre de polochon qui ne sait s’arrêter, et dont on peut penser que le seul intérêt sera de faire « récupérer » le chanteur, qui balancera ses watts oraux dès sa batterie vocale rechargée ! Sacré Hughes ! Heureusement que ce très beau Elysée Montmartre a été rénové, car avec sa puissance vocale, il aurait achevé l’ancien bâtiment ; une salle historique ce soir investie « seulement » environ au 3/5 ; la faute à des parisiens qui sont les seuls à croire que ce PSG là va gagner la Ligue des Campions : franchement les gars, est-ce que ça vaut le coup de rater une telle légende du rock, de surcroît pour un match de poule ?

Du coup, mon sentiment est bancal. Oui, on a eu droit à du lourd ; oui, Hughes était malade mais a hurlé « mort à la grippe ! » à un niveau qui démoraliserait tout apprenti chanteur – Serguei Bubkha a été maintes fois champion du monde du saut à la perche sans pouvoir battre son record du monde ! peut-on dire que ces titres ne sont pas très bons ? – ; oui, on sent que quelque chose ressemble à du tribute band, un méga super tribute band que la majorité présente à apprécier. Alors, à vous de vous départager. Pour ma part, tout ça m’a gêné quelque peu, plus que la voix affaiblie mais pas moins stratosphérique. Et si évidemment, on ne fera pas la fine bouche à l’égard de cette tournée commémorative qui aura assouvi profanes, fans, et nostalgiques, il me tarde que Hughes nous revienne pour un projet nouveau. Andersen, malgré sa dévotion, n’est ni Blackmore, ni Bolin, alors, qu’il nous revienne sur son répertoire où on l’apprécie mieux, vu qu’il n’a pas envie de suivre l’exemple d’un Marsden ou d’un Jeff Kollman présent sur la tournée US, et que le capitaine ne semble pas avoir l’envie ou les moyens de s’offrir des musiciens réputés pour la tournée européenne et pour ce concept qui pourtant le nécessiterait, comme en sont constitués les tribute band Black Knights Rising ou Dio Disciples.

Malgré tout, bien que ce soit le moins bon concert que j’ai pu voir de l’ex-Trapeze, voir un tel artiste se surpasser face à son « adversaire » du soir, restera un grand moment scénique : une leçon de professionnalisme et de talent ! Clairement, il reste au dessus du lot ! Que Hughes soit immortalisé ! Ce chanteur se doit d’être éternel. Je l’ai déjà dit mais il ne faut pas être avare en compliments : Grand respect l’artiste !

Epilogue :

Après avoir bénéficié du soleil parisien, ce report écrit au retour vers la pluie béarnaise … ils soufflent comme un vent de rhume dans l’air … et aussi un vent de gratitude envers un musicien qui ne m’a pas posé un lapin ! Merci !

Merci à  Replica Promo

* Le chanteur du groupe RATT a produit plusieurs shows fortement alcoolisé, ruinant ainsi ses performances vocales

** Fans de Deep Purple que j’ai rencontré à la soirée

 

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